L’adaptation de la bande dessinée La guerre des Lulus nous plonge dans une aventure familiale qui célèbre l’entraide et l’amitié.

Lucas, Lucien, Luigi et Ludwig sont tous les quatre pensionnaires de l’orphelinat de Valencourt, en Picardie. Toujours à traîner ensemble, ils forment la bande des Lulus. Leurs aventures en bande dessinée ont déjà été dévorées par de très nombreux jeunes lecteurs. Elles sont aujourd’hui adaptées sur grand écran dans La guerre des Lulus, réalisé par Yann Samuell. Un réalisateur qui commence à bien connaître l’univers des films d’aventure pour la jeunesse car il était aux commandes de La guerre des boutons, sorti en 2011.
Comme la série de tomes (8 pour l’instant), La guerre des Lulus débute durant la Première Guerre mondiale. L’offensive de l’armée allemande dans le nord-est de la France pousse des milliers de villageois à fuir sur les routes. Dans ce chaos et la précipitation du départ, l’abbé Turpin en charge de l’orphelinat, oublie les Lulus. Les quatre amis se retrouvent donc isolés, de l’autre côté de la ligne de front, en territoire ennemi. Ils vont donc devoir s’organiser pour survivre dans cet environnement hostile. Un jour, en chemin dans les bois, ils tombent sur Luce, une jeune fille qui cherche à rejoindre ses parents dont elle a été séparée. La bande s’étoffe ainsi d’une nouvelle recrue, même si Luce ne peut pas complètement être une Lulu car c’est une fille…
Un récit d’apprentissage
Ces enfants livrés à eux-mêmes pendant la Grande Guerre vont, durant leur parcours, rencontrer plusieurs adultes. Certains, comme Louison, surnommée "la sorcière", leur apporteront du réconfort. D’autres tenteront de leur faire du mal, les poussant à quitter peu à peu le monde de l’enfance insouciante. Ces diverses rencontres leur apprendront en tout cas la tolérance, l’ouverture et à se méfier des apparences. Comme l’a dit le réalisateur Yann Samuell, ces enfants vont se construire dans un monde en ruines. "A mes yeux, la guerre est une situation de dégradation où l’on perd des êtres chers, des biens matériels, mais aussi l’espoir, des convictions et des ambitions pour l’avenir. Ce qui m’intéressait dans mon approche, c’est que les enfants du film, qui sont orphelins et qui n’ont rien, vont faire le chemin inverse: plus ils avancent, plus ils se construisent. Ils se trouvent une image de mère, de père, de grand-père et de grand frère au cours de leurs rencontres, et je voulais qu’ils sortent gagnants de la guerre."
La guerre des Lulus fait partie de ces récits d’aventure familiaux qui réunissent. Il nous fait regarder ce conflit traumatisant avec des yeux d’enfants, mais sans pour autant lui enlever son côté tragique. Le réalisateur trouve ainsi le bon équilibre, filmant des scènes de batailles comme les moments de détente des Lulus. Les sympathiques jeunes acteurs jouent d’ailleurs fort bien la naïveté qui caractérise leurs différents âges. Il y a le petit Lucas, qu’on oublie toujours, le bon copain gourmand, l’érudit qui donne des leçons et l’aîné, le meneur du groupe. Ce sont certes des archétypes mais qui donnent corps à cette histoire d’émancipation.
A une époque encore malheureusement marquée par les conflits mondiaux, La guerre des Lulus offre donc une parenthèse légère mais qui fait réfléchir en se connectant à l’actualité.
Elise LENAERTS

