Ce 2 novembre 2022, Mgr Albert Houssiau - ancien évêque du diocèse de Liège - fête ses 99 automnes. A cette occasion, voici quelques extraits choisis d'une interview qu'il avait accordée en 2018 à Thierry De Gyns pour le journal Dimanche.

Quels furent les grands moments vécus comme évêque?
D’immenses rassemblements diocésains m’ont vite mis dans le bain. En 1996, le 750e anniversaire de la Fête-Dieu préparée pendant un an, mis sur le devant de la scène par cette lettre adressée par Jean-Paul II et remise par le cardinal Etchegaray. Je veux aussi relever le centenaire en 1990 des Congrès sociaux liégeois préparé par 6.000 fidèles, mais également le 50e anniversaire des apparitions à Banneux de la Vierge des Pauvres et Projet 2000 ou l’Église de Dieu, qui vit à Liège, tendue vers l’avant.
Quelles sont les actions principales entreprises par votre Conseil épiscopal?
Dès le premier jour j’ai ressenti qu’il fallait bien intégrer la mission de l’Église, soit la sanctification des paroisses et l’action de l’Église dans le monde. Lors des Congrès sociaux par exemple une dizaine de thèmes avaient été abordés: les immigrés parmi nous, le travail et l’emploi, l’environnement, la pauvreté, être jeune, l’école, le 3e âge, le tiers[1]monde, le monde rural, la santé, les médias et la culture. La réflexion déboucha sur le Livre vert qui fut étudié par le Conseil épiscopal. Puis arriva le Projet 2000, vaste enquête menée dans les doyennés sur les organes et mouvements au sein de l’Église et dont l’ampleur marqua profondément Mgr Jousten. Le rôle de l’évêque était impossible sans un Conseil épiscopal solide et solidaire. Chaque semaine j’avais sept personnes autour de moi et nous abordions chaque fois trois thèmes: les décisions à prendre en fonction de l’actualité, les prêtres âgés et malades et les priorités pastorales à prendre en compte en fonction de ce que j’avais appris lors de la Conférence des doyens.
Le rôle des laïcs et des femmes est-il amené à s’intensifier ?
Dans l’ensemble de l’Église tout un chacun est responsable. Il a fallu insister sur le rôle propre des prêtres et la formation des candidats qui, en majorité, ont poursuivi des études. Une note sur l’ordination des gens mariés existait déjà voici quelque soixante ans. Et si on voulait l’actualiser, il faudrait cinq ou six ans de préparation pour que les adultes soient formés. J’ai préconisé la création d’assistants paroissiaux avec un mandat clair et une formation adéquate. On les retrouve dans tout le diocèse avec une action pastorale, un engagement dans le monde et une intégration au niveau local. Ces assistants sont en majorité des femmes. Je suis favorable à l’idée d’envisager un diaconat féminin malgré l’opposition de certains théologiens. Et je crois que notre pape François va y arriver.
