Un dictionnaire bilingue en langue des signes (LSFB) - langue française est désormais accessible en ligne. Gratuit, celui-ci a été créé grâce à la combinaison d'une technologie de pointe de reconnaissance faciale et d'une base de données compilant plus de 4.500 signes, de mots et d’expressions.

Le dictionnaire développé par l’UNamur peut être interrogé dans les deux langues. Concrètement, l’utilisateur signe devant la caméra de son ordinateur, afin d'obtenir le mot recherché et les contextes dans lesquels il peut être utilisé. Inversement, l’utilisateur encode un mot dans le moteur de recherche du dictionnaire et obtient sa traduction en signe, ainsi qu’une liste de suggestions d’usage du signe, sous forme de vidéos.
Pour accéder gratuitement au dictionnaire, c'est par ici.
Un dictionnaire continuellement enrichi
Le dictionnaire utilise les productions en langue des signes de Belgique francophone (LSFB) de cent signeurs, totalisant plus de 80 heures de conversations filmées et leurs traductions en français pour en faire un répertoire de textes bilingues. Ce corpus résulte de plusieurs années de travail de traduction et d’annotation, signe par signe, réalisée par l’équipe du LSFB-Lab de l’UNamur. Autre atout, cette base de données sera encore alimentée par les équipes de l’UNamur, afin d’enrichir continuellement le dictionnaire.
Deux langues inséparables à l'école
En Belgique francophone, la langue des signes francophone de Belgique (LSFB) est pratiquée par environ 4.000 personnes. L’idée de la création d’un dictionnaire bilingue LSBF- français est née de la collaboration de l’UNamur avec les classes bilingues (français - LSFB) fondées par l'ASBL Ecole et Surdité dans la communauté scolaire Sainte-Marie à Namur. Depuis le début des années 2000, des groupes d’enfants sourds y sont inclus au sein de classes d’entendants.
Linguiste de formation et chercheuse qualifiée à l'UNamur, Laurence Meurant accompagne le projet d'immersion en langue des signes depuis ses débuts. En janvier 2015, elle précisait pour le journal Dimanche les spécificités de cet apprentissage bilingue. "Les deux langues sont inséparables. La langue des signes est la langue des échanges oraux, en face à face, et le français est la langue de l'écrit. En classe, les deux langues sont tout le temps en articulation l'une avec l'autre, imbriquées l'une à l'autre. C'est l'une par l'autre que les enfants construisent leur maîtrise langagière et, avec elles, de tous leurs savoirs scolaires. La plus grande difficulté se situe du côté des enseignants bilingues qui doivent trouver comment, dans le même temps que leurs collègues francophones, amener les enfants non seulement à construire des compétences dans les matières scolaires, mais aussi à les construire dans les deux langues et dans la comparaison des deux langues. Mais, par ce parcours scolaire, les élèves développent une compétence de prise de recul sur leurs deux langues, et de ce fait un entraînement intensif à l’abstraction."
A. T.
