Simone, le voyage du siècle, retrace la vie de Simone Veil, personnalité marquante du XXe siècle qui mérite bien sa place au Panthéon.

Voltaire, Victor Hugo, Louis Braille, Emile Zola, Alexandre Dumas, André Malraux, ces hommes célèbres ont en commun leur talent qui a fait rayonner la France au-delà de ses frontières. Ils ont également en commun le lieu où ils reposent: le Panthéon. Ce monument situé dans le 5e arrondissement de Paris abrite les sépultures de ceux qui ont marqué l’Histoire de la France. Parmi ces illustres personnages, on trouve quelques femmes, notamment Simone Veil. Décédée en 2017 à l’âge de 89 ans, elle fait partie des personnalités politiques qui ont imprimé leur marque dans les mémoires. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que le cinéma s’empare du récit de sa vie. Comme Edith Piaf avant elle, la magistrate et femme d’état fait l’objet d’un biopic réalisé par Olivier Dahan.
A l’aide de flashbacks allant de son enfance, dans les années trente et quarante à ses années d’exercice politique, le réalisateur français retrace une existence faite de combats et d’engagements. On connaît surtout Simone Veil comme l’icône de la lutte contre la discrimination des femmes en France. Première femme présidente du Parlement européen, elle a en effet mené de nombreuses luttes, d’abord pour s’imposer dans ce monde gouverné par les hommes, puis pour faire bénéficier à toutes les femmes des mêmes droits que les hommes.
Déportée durant la Shoah
Le film nous montre évidemment ses éloquents discours. Mais il s’attache aussi aux raisons qui ont poussé cette femme à s’engager pour un monde plus juste. Simone Veil a en effet connu de nombreux malheurs durant son enfance. Issue d’une famille d’origine juive, elle est déportée à Auschwitz à l’âge de seize ans. Elle perdra dans les camps son père, son frère et sa mère. Survivante avec ses sœurs Madeleine et Denise, elle se lancera dans des études de droit et de sciences politiques, puis entrera dans la magistrature comme haut fonctionnaire. Ce parcours incroyable, elle le doit à sa détermination et à l’éducation de ses parents. Mais aussi aux épreuves qu’elle a vécues durant la Shoah et qui l’ont évidemment marquée à vie, pas seulement sur son poignet, mais aussi dans son âme.
La discrimination, la haine de l’autre, la privation de liberté, sont autant de sujets qu’elle combattra durant toute sa vie, en réaction à ce qu’elle a elle-même subi. Elle n’essaiera jamais de se venger ou d’utiliser la violence, s’inscrivant clairement comme une humaniste. Ce parcours modèle semé d’embûches semble pratiquement irréel, comme inventé pour les besoins de la fiction. Il est pourtant vrai et témoigne du courage et du dévouement de Simone Veil pour les autres.
Le long-métrage aborde enfin un autre aspect du personnage. Car en plus de sa carrière politique, Simone Veil a fondé une famille. On la découvre donc également épouse et maman. Femme aux multiples facettes, elle a traversé le XXe siècle et laissé une empreinte indélébile dans le cœur des Français. Son biopic retrace donc une vie exceptionnelle intimement liée à l’Histoire. Oui, le titre du film: Simone, le voyage du siècle, n’a pas volé son nom.
Elise LENAERTS
