Sur le vol de retour de son voyage au Kazakhstan, François a, comme à son habitude, donné une conférence de presse aux journalistes qui l’accompagnaient. Répondant à une question sur la liberté religieuse en Chine, il a notamment insisté sur la nécessité de maintenir le dialogue.

Il faut toujours dialoguer. Tel est sans doute le principal message que François a voulu faire passer lors de la conférence de presse à bord du vol Noursoultan-Rome, ce jeudi 15 septembre. Comme après chaque voyage apostolique, le pape a aux questions des journalistes qui l'ont accompagné pour sa visite au Kazakhstan, où il a notamment participé au VIIe Congrès des chefs des religions mondiales et traditionnelles.
A un journaliste allemand qui lui demandait s'il faut livrer des armes à l'Ukraine dans le contexte de la guerre qu'elle subit, le pape a répondu que l'utilisation d'armes pour défendre son pays était moralement acceptable, à condition que ces armes ne provoquent pas "davantage de guerre". Dans le même sens, il a estimé "que l'on devrait réfléchir davantage au concept de guerre juste", dans le contexte actuel de "guerre mondiale" où la paix recherchée par l'humanité semble tellement éloignée.
"Tuer n'est pas humain"
François est également revenu sur la perte de certaines valeurs en Occident, qui risquait de déboucher sur le populisme. Il a, en particulier, souligné l'hiver démographique qui frappe des pays tels que l'Italie. Problème qu'il a mis en parallèle avec le manque d'accueil des migrants et des réfugiés : "pourquoi ne pas faire une politique en Occident où les migrants seraient inclus ,avec le principe que le migrant doit être accueilli, accompagné, promu et intégré?"
A propos de la question de l'euthanasie, le pape a eu cette phrase lapidaire: «Tuer n'est pas humain, point. Si vous tuez avec motivation, vous finirez par tuer de plus en plus. Tuer, laissons cela aux animaux.»
Un lent dialogue
Si le président chinois XI Jinping était à Nour-Soultan au même moment que François, il n'y a pas eu de rencontre entre eux. Répondant à une question sur la liberté religieuse en Chine - en lien notamment avec le procès du cardinal Zen -, le pape a souligné l'importance de maintenir le dialogue entre le Saint-Siège et le gouvernement chinois: "Au Vatican, il y a une commission de dialogue qui fonctionne bien. (...) C'est une chose lente, mais on avance." "Je n'ai pas envie de qualifier la Chine d’antidémocratique, car c'est un pays très complexe." a-t-il ajouté.
Répondant enfin à une question sur la situation en Allemagne, où la pratique chrétienne est en forte baisse, le Saint-Père a expliqué que l'Église a besoin de pasteurs, pas de plans pastoraux. "Lorsqu'une Église, quelle qu'elle soit, dans n'importe quel pays ou dans n'importe quel secteur, pense davantage à l'argent, au développement, aux plans pastoraux et non à la pastorale, et qu’elle poursuit dans cette direction, cela n'attire pas les gens."
C.H., d'après Vatican News
