Cinéma – La différence, une force à intégrer


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Cinéma – La différence, une force à intégrer
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

Autistes, trisomiques, ils sont nombreux à vouloir mener une vie normale, notamment en obtenant un boulot. Mais leur chemin est encore semé d’embûches.

Laura (ici avec Dimitri) a mis cinq ans avant de décrocher son premier boulot comme hôtesse d’accueil.

Laura vient d’avoir 23 ans et elle a débuté il y a quelque temps son premier boulot comme hôtesse d’accueil. Elle a mis cinq ans à décrocher ce travail. Pas qu’elle manque de motivation, loin de là. Laura est simplement trisomique. Elle est régulièrement victime de discrimination depuis sa plus tendre enfance. Pourtant, Laura a le sourire. Son handicap est là, elle doit vivre avec lui, même si ce n’est pas facile tous les jours. Aujourd’hui, même si elle sait qu’elle est différente, "extra-ordinaire", elle veut vivre comme tout le monde. Elle aimerait ne plus être regardée avec curiosité, elle veut tomber amoureuse, avoir des amis, être autant que possible indépendante.

Laura n’est pas la seule dans le cas. En France, ils sont 700.000 autistes et trisomiques à vouloir s’intégrer pleinement dans la société. Depuis 2005, la loi handicap leur donne d’ailleurs les mêmes droits au travail que tout le monde. Malgré tout, les entreprises ont encore beaucoup de réticences à engager ces personnes différentes. Dans le documentaire Extra-ordinaires, Sarah Lebas, Damien Vercaemer et Damien Pasinetti se sont intéressés à ces jeunes débordant de motivation mais freinés dans leur parcours par une société qui n’est pas encore inclusive.

Des parcours inspirants

On rejoint notamment Aymeric, 17 ans. Diagnostiqué autiste sévère à l’âge de trois ans, on avait annoncé à ses parents une vie dans le silence. Heureusement, la médecine s’est trompée. A force de travail, entouré par ses parents, Aymeric a dépassé de loin les tristes pronostics. Non seulement il parle mais il est aujourd’hui apprenti paysagiste.

Eloïse, elle, a treize ans. Elle est scolarisée dans un collège classique, auprès d’enfants dits "normaux". Une auxiliaire scolaire la suit dans la cour de récré pour s’assurer que tout se passe bien, mais elle a des amis et même un amoureux. Comme pour Aymeric, c’était loin d’être gagné. Autiste Asperger, elle reconnaît qu’elle ne sortirait pas de chez elle, ne se laverait pas si sa maman n’était pas là pour la stimuler. Comme tous les autistes, Eloïse ne sait pas décrypter les mouvements faciaux des autres. Elle ne lit pas les émotions sur les visages. Mais elle y travaille… Elle parvient maintenant à sourire et a osé prendre la parole devant ses camarades pour leur expliquer son état. Malgré les apparences, elle veut entrer en contact avec les autres.

Ces différents récits de vie montrent à quel point il est important d’intégrer les personnes handicapées dans la société. Plutôt que d’avoir été enfermés dans des centres, Laura, Aymeric et Eloïse ont pu bénéficier d’un accompagnement et vivre presque comme les autres. Bien sûr, il y aura encore des obstacles à franchir. Comme le dit Laura: "Il faut se battre continuellement" pour obtenir une place. Ils espèrent d’ailleurs que leur témoignage permettra d’ouvrir les yeux des personnes "normales". Car les personnes handicapées ont beaucoup à offrir au monde qui les entoure. Eux aussi en font partie intégrante.

Elise LENAERTS
A voir sur Auvio (www.rtbf.be/auvio)

Catégorie : Culture

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