Cinéma – David Bowie, en quête de sens


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Cinéma – David Bowie, en quête de sens
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

Moonage daydream est un documentaire qui nous plonge dans le monde de David Bowie. Il retrace son immense carrière et ses éternels questionnements existentiels.

Le 10 janvier 2016, le monde entier pleurait la mort de David Bowie. Une icône de la musique qui a marqué plusieurs décennies. Chanteur aux multiples personnages, le Britannique a connu le succès dès les années septante, a ému tant par sa musique que par sa personnalité traduite par des looks vestimentaires parfois déstabilisants. David Bowie n’est pourtant pas uniquement un provocateur, c’est un homme qui s’est longtemps cherché, a testé, a exprimé par divers moyens ses états d’âme.

Le documentaire de Brett Morgen nous plonge dans son univers si particulier et pourtant tellement universel. David Bowie avait certes des côtés extravagants. C’était un artiste, qui semblait insaisissable, se réinventant sans cesse. Ziggy Stardust, Major Tom, Thin White Duke, sont autant d’étapes dans sa quête de lui-même. Moonage Daydream suit ce fil conducteur. Le déroulement n’est pas complètement chronologique mais il tente de capter une évolution. Celle d’un artiste mais aussi celle d’un homme.
La quête spirituelle de David Bowie a toujours été de pair avec sa musique. En témoigne son dernier single, Lazarus, véritable testament destiné à ses fans. On le retrouve ainsi dans la position de Lazare, allongé sur un lit mortuaire, les yeux bandés. Les paroles font référence à un autre monde, le paradis, et se terminent par une allusion à un oiseau bleu, probablement un geai, symbole de la lumière et de l’apaisement. Une résurrection.

Le chemin pour y parvenir correspond à la carrière de Bowie. De Space Oddity (1969), en passant par l’icône glam-rock Ziggy Stardust (1972-1974), la période Thin White Duke et l’apogée pop Let’s Dance, jusqu’à ses dernières apparitions, on est entraîné dans un véritable voyage. On retrace la vie d’un génie en constante réflexion.

Une quête spirituelle

Pour retranscrire cette évolution, Brett Morgen a eu accès aux archives personnelles du chanteur. Les héritiers de David Bowie l’ont en effet autorisé à utiliser ses enregistrements, peintures, poèmes, essais artistiques. Il en a fait un véritable patchwork psychédélique, recréant l’univers coloré dans lequel a longtemps évolué l’artiste. On revit ses concerts les plus emblématiques, comme si nous y étions. On l’écoute se confier lors d’interviews télévisées. On voit défiler des peintures qu’il a réalisées, en l’écoutant raconter sa démarche artistique.

La quête spirituelle de David Bowie, on l’a dit, n’est jamais bien loin de la pratique de son art. Moonage daydream nous le démontre avec brio, sans forcer le trait. On voit poindre des questionnements existentiels, propres à chaque être humain. David Bowie a parlé dans ses chansons de la destinée de l’homme, des souffrances, de l’apaisement, puis de la mort et de l’au-delà. Il a été attiré par le bouddhisme tibétain, il s’est intéressé aux philosophes comme Nietzsche et au christianisme. Il s’est d’ailleurs marié religieusement à une mannequin d’origine somalienne qui l’accompagnera jusqu’à ses derniers instants. Entre intimité et scènes de liesse, ce documentaire présente l’œuvre d’un artiste mais parle surtout d’un homme qui n’a cessé de s’interroger sur le sens de la vie. Aussi émouvant que brillant!

Elise LENAERTS

Catégorie : Culture

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