Fausse polémique autour de funérailles à Wemmel


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Fausse polémique autour de funérailles à Wemmel
Par Vincent Delcorps
Publié le - Modifié le
3 min

Un prêtre a-t-il refusé de célébrer la messe d'enterrement d'une fillette parce que sa famille est francophone? C'est la polémique qui embrase la Toile depuis ce jeudi 4 août. Et si la réalité était moins polémique?

Un post d'un responsable des pompes funèbres qui a largement été partagé et commenté en quelques jours...

C'est un post Facebook d'Olivier Vandenhoute, entrepreneur de pompes funèbres, qui a mis le feu aux poudres. L'homme a été chargé d'organiser les funérailles d'une fillette de deux ans et demi. "La famille effondrée m’a demandé de lui transmettre les coordonnées de l’église proche de chez eux", précise-t-il. Avant d'ajouter: "le curé ne veut pas d’eux dans son église car ils ne sont pas néerlandophones".

Et l'homme d'ensuite s'indigner contre l'Eglise : "La religion a t' elle maintenant une couleur linguistique ???? L’Eglise se plaint de la perte de paroissiens, mais quand on voit ce qui s'y passe, c’est compréhensible et inadmissible !!". Puis contre la commune de Wemmel: "dans les communes à facilité comme Wemmel, le francophone est de moins en moins le bienvenu". Puis contre l'Eglise et la ville réunies: "Bravo l’église qui se déculotte face au flamingantisme d’un bourgmestre"

Les deux églises de Wemmel

L'église Sint-Servaas à Wemmel, bâtiment classé du 13ème siècle.

Wemmel serait-elle donc opposée aux francophones? L'Eglise aurait-elle une couleur linguistique ? Non! Rappelons tout d'abord que Wemmel, située à la bordure Nord de Bruxelles, est une commune à facilités. Comme l'a rappelé Walter Vansteenkiste, son bourgmestre, la loi ne contraint toutefois pas l'Eglise à respecter le régime des facilités. Il n'empêche, l'Eglise organise bel et bien des célébrations dans les deux langues dans cette petite commune. En l'occurrence, Sint Servaas est la paroisse qui accueille la communauté flamande de Wemmel, tandis qu'à St Engelbertus, les offices sont célébrés en français - le prêtre de cette paroisse est d'ailleurs francophone. Cette répartition ne répond à aucune loi, mais bien aux habitudes. Ajoutons que les deux paroisses ne sont séparées que de quelques centaines de mètres.

Or, c'est à la paroisse St Servaas que l'entrepreneur de pompes funèbres s'adressa.

En outre, un deuxième problème se posait à St Servaas: au moment désiré, une autre messe de funérailles était déjà planifiée.

Le post et le tollé

C'est donc pour une double raison qu'il eût été difficile d'organiser les funérailles de la fillette à St Servaas. Et plus facile de les organiser à Sint Engelbertus - ce qui sera apparemment le cas.

Que retenir de cette affaire? Jean-Paul Guilliams, curé de Sint Servaas, s'est-il montré trop dur avec (l'intermédiaire de) la famille endeuillée? C'est possible. Dans les colonnes du Nieuwsblad, il a cependant pris soin de préciser qu'il n'a fait que préciser quelles étaient les habitudes et la répartition locales - tout en ne se montrant pas fermé à leur évolution.

Au-delà de cet aspect, constatons que c'est un simple post Facebook - emprunt d'émotions et non dénué de convictions personnelles - qui a suscité pareil tollé. N'est-il pas étonnant que certains médias l'aient relayé sans esprit critique ni le moindre élément de contextualisation?

Catégorie : Belgique

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