Jean-Claude Juncker: « La doctrine sociale de l’Eglise m’a toujours inspiré »


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Jean-Claude Juncker: « La doctrine sociale de l’Eglise m’a toujours inspiré »
Jean-Claude Juncker saluant son compatriote, le cardinal Hollerich
Par Vincent Delcorps
Publié le - Modifié le
2 min

Dans la dernière livraison de la Revue Générale, l'ancien président de la Commission européenne livre un long témoignage. Evoquant notamment son passé, il raconte dans quel contexte il a lu Quadragesimo anno et Mater et magistra.

"Je vais très bien, je n'ai plus le stress que j'avais pendant les cinq années que j'ai passées à la tête de la Commission", ouvre Jean-Claude Juncker. Le Luxembourgeois a dirigé l'institution de 2014 à 2019. Avant cela, il avait notamment longtemps été Premier ministre de son pays (1995-2013) et président de l'Eurogroupe (2005-2013). "Je ne suis plus inquiété par le fait que je doive vérifier à chaque instant, c'est-à-dire toutes les demi-heures, les agences de presse."

Jean-Claude Juncker saluant son compatriote, le cardinal Hollerich

L'homme revient aussi sur sa jeunesse, très tôt marquée par le souci de la chose publique. "On entre en politique comme on entre en religion, cela occupe l'entièreté de l'homme que l'on est. C'est une composition de tant de ficelles, dont certaines sont de fond, la démocratie chrétienne, d'autres dues à des rencontres fortuites."

La démocratie chrétienne? Une évidence pour lui! "Mon père me donnait comme lecture les Encycliques sociales des papes. Donc j'ai lu Quadragesimo anno ou Mater et magistra. La doctrine sociale de l'Eglise m'a toujours inspiré, parce que j'étais fasciné par l'idée que le travail et le capital n'étaient pas faits pour être dans une opposition éternelle."

Un espoir qui m'habite jusqu'à ce jour

Dans cet entretien réalisé en mars 2022 par Louis Morès, Jean-Claude Juncker revient aussi sur l'identité propre à la culture européenne. "Ce qu'on oublie souvent, c'est que l'Union européenne, l'Europe en somme, ne peut pas être comprise si on passe outre, si on oublie l'héritage chrétien du continent européen. La pensée chrétienne, non pas au sens clérical du terme, mais au sens philosophique du terme, a fortement imprégné la façon de penser des Européens. (...) Le christianisme et la chrétienté ont fortement marqué l'Europe, en bien et en mal. Il y a eu dans l'histoire de la chrétienté européenne des périodes qu'on aimerait oublier, mais, en substance, cette idée notamment reflétée dans les encycliques des différents papes, le personnalisme, est une idée, une conviction, un espoir qui m'habite jusqu'à ce jour."

La Revue Générale est dirigée par Frédéric Saenen et publiée aux Presses universitaires de Louvain. Elle peut être achetée en ligne.

Lire encore : Comece: première rencontre officielle entre Mgr Hollerich et Jean-Claude Juncker

Catégorie : International

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