La COMECE, commission des épiscopats de l'Union européenne, a publié ce 8 juin une déclaration en amont du vote à Strasbourg autour des "menaces sur le droit à l'avortement" qui se profilent aux Etats-Unis. L'adoption de cette résolution européenne, si elle devait avoir lieu, serait "une ingérence inacceptable", selon le secrétaire général de la COMECE.

Depuis la divulgation dans les médias américains, début mai, d'un document ayant fuité sur les intentions de remettre en cause le droit à l'avortement aux Etats-Unis, le débat fait rage autour des intentions réelles de décision de la Cour Suprême. Les députés européens ont porté ce sujet à leur ordre du jour, en assemblée plénière ce 8 juin à Strasbourg. Une résolution abordant les "Menaces au droit à l'avortement au niveau mondial : l'éventuel renversement du droit à l'avortement aux États-Unis par la Cour suprême" devrait être discutée en fin de journée.
Un débat qui déteint des Etats-Unis vers l'Europe
"Nous constatons avec surprise que le Parlement européen va débattre de l'impact de la divulgation de l’ébauche d'un projet d'avis de la Cour Suprême des États-Unis concernant l'avortement, commence la déclaration du Père Manuel Barrios Prieto, secrétaire général de la Commission des épiscopats de la Communauté européenne. Il s'agit d'une ingérence inacceptable dans les décisions juridictionnelles démocratiques d'un État souverain, un pays n’étant de surcroit pas membre de l'UE. L'adoption d'une résolution par le Parlement Européen approuvant cette ingérence ne fera que discréditer cette institution."
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«Pas de droit à l’IVG dans le droit européen»
La déclaration de la COMECE se poursuit en soulignant: "d'un point de vue juridique, il n'existe
pas de droit à l'avortement reconnu en droit européen ou international. Par conséquent, aucun État ne peut être obligé de légaliser l'avortement, de le faciliter ou d'être l’instrument de sa pratique."
Le secrétaire général de la COMECE s'inquiète également de ce qui ressemble à une remise en cause de l'objection de conscience: "Nous sommes préoccupés par le fait que le droit des établissements de santé de refuser de fournir certains services, dont l'avortement, soit affaibli, voire nié." Les évêques européens s'appuient sur une résolution du Conseil de l'Europe de 2010 sur ce droit à l'objection de conscience.
Au cœur du débat
Enfin, la déclaration de la COMECE rappelle: "Prendre soin des femmes qui se trouvent dans une situation difficile ou conflictuelle en raison de leur grossesse est un élément central du ministère diaconal de l'Église et doit également être un devoir exercé par nos sociétés. Les femmes en détresse ne doivent pas être laissées pour compte, et le droit à la vie de l'enfant à naître ne peut être ignoré. Tous deux doivent recevoir toute l'aide et l'assistance nécessaires."
AFdB (d'après cp)
In extenso
🔎 La déclaration complète à lire sur le site de la COMECE (version en français)
