Cinéma – Chronique d’un exil


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Cinéma – Chronique d’un exil
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

Le film d’animation Flee est tiré du témoignage d’Amin, un Afghan qui a été forcé de quitter son pays dans les années 80.

©Final Cutfor Real

Dans l’inconscient collectif, les films d’animation sont réservés aux enfants. On pense aux classiques Disney, aux mangas, mais on oublie qu’ils peuvent également s’adresser à des adultes. Quand elles sont bien utilisées, les images d’animation sont en effet parfois plus fortes que les images en prises de vues réelles. Elles vont droit à l’essentiel et permettent d’ajouter du poids au propos. Flee, un documentaire basé sur le témoignage d’un immigré afghan en est un parfait exemple.
Amin a fui son pays quand il était encore enfant, à la fin des années 80. Arraché à sa famille, il va vivre un périple dont il taira le véritable déroulement pendant trente ans. Flee nous dévoile sa confidence à son meilleur ami, passant d’une époque à l’autre pour nous conter l’histoire de tous ceux qui ont été forcés de quitter leur pays.
On débute par son enfance, au milieu de ses frères et sœurs, entouré par une famille aimante pour arriver à sa vie actuelle, au Danemark. Entre les deux, Amin a vécu un parcours semé d’embûches. Celui que vivent beaucoup de migrants en route vers une nouvelle vie. Ballotté d’un pays à l’autre, dans des conditions inhumaines, le jeune Afghan fait partie des chanceux. Il est vivant et il a réussi à se construire une vie. Loin des siens, certes, mais c’était la seule solution.

Une portée universelle

Amin a trouvé l’amour, a tissé des amitiés, il a entamé des études et obtenu une belle position. On le respecte, il a tout pour être heureux. Malheureusement, il reste marqué par son passé car on n’efface pas aussi facilement de telles souffrances. Son témoignage a donc une fonction cathartique. Au fur et à mesure de l’histoire, on sent le poids qui pèse sur ses épaules le quitter. Flee est donc un récit de vie, mais aussi un récit d’émancipation. Il acquiert une portée universelle, en soulevant des questions de liberté. Il souligne l’importance de l’entourage dans la vie d’un être humain. Le parcours d’Amin c’est aussi le nôtre, en quelque sorte. Nos problèmes paraissant évidemment minimes comparés au déracinement qu’il a vécu.
Par ce biais, le film aborde donc aussi la question de l’identité. Comment font ces personnes exilées pour se sentir chez elles? Comment arrivent-elles à allier leurs origines, les valeurs de leur culture à celles du pays d’accueil? Quelle attitude avons-nous face à eux? Sommes-nous accueillants? Le parcours d’Amin fait prendre conscience du sentiment de rejet qu’ils doivent parvenir à dépasser pour vivre en paix avec eux-mêmes et les autres. Des "étrangers" avec lesquels ils vont trouver, peut-être, des points d’accroche, des intérêts communs.
Comme le magnifique Valse avec Bachir sorti en 2008, Flee est doté d’une dimension poétique, sans pour autant minimiser les épreuves vécues par Amin. Il s’agit d’un témoignage humaniste, prônant la tolérance et l’acceptation. Plutôt que de longs discours politiques, il convoque l’empathie, comme le cinéma peut le faire d’une manière unique.

Elise LENAERTS

Catégorie : Culture

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