Mariés sans enfants: qu’en pense l’Eglise?


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Mariés sans enfants: qu’en pense l’Eglise?
Par Christophe Herinckx
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Pour l’Eglise catholique, l’ouverture à la fécondité est l’un des quatre éléments essentiels du mariage. Donner la vie à des enfants, les aimer, les éduquer constitue un accomplissement de l’amour entre les époux.

Depuis le début de son pontificat, le pape François exprime régulièrement son inquiétude face à l’"hiver démographique" qui frappe certains pays européens. Au début de cette année 2022, il l’a dit avec des propos qui ont pu choquer: "Aujourd’hui, on constate une forme d’égoïsme. On voit que certains ne veulent pas avoir d’enfant. Parfois, ils en ont un, et c’est tout, mais ils ont des chiens et des chats qui prennent la place des enfants." Pour François, il y a aujourd’hui un risque de "renier la paternité et la maternité", ce qui, selon lui, "nous diminue, nous enlève notre humanité". "Avoir un enfant est toujours un risque", a-t-il conclu, tout en appelant les chrétiens à "ne pas avoir peur".

Ces quelques mots résument bien le point de vue que l’Eglise catholique, aujourd’hui encore, adopte à l’égard de la fécondité, position parfois considérée comme "nataliste". C’est que, pour elle, la procréation fait partie de la vocation de l’humain en tant qu’humain, elle est essentielle à la réalisation personnelle de l’homme et de la femme, tout comme à la vie d’une société. L’appel à engendrer et enfanter est perçu comme une participation à l’acte divin de création, en lien étroit avec cette autre dimension essentielle de l’être-humain qu’est l’amour conjugal. Celui-ci est compris à son tour par l’Eglise comme don de soi et accueil de l’autre, amour qui se réalise dans un lien indissoluble entre les époux.

L’accomplissement du mariage

Plus précisément, le fait de donner la vie à des enfants, de les aimer, de les éduquer, est vu comme le fruit et l’accomplissement du mariage ("accomplissement" ne signifiant pas "perfection"): l’amour réciproque des conjoints les mène au-delà d’eux-mêmes, les ouvre au don d’une nouvelle vie et d’un nouvel amour. Sans enfant, le mariage n’est, en quelque sorte, pas entièrement abouti. C’est notamment pour cette raison que l’Eglise catholique ne reconnaît pas la même signification conjugale à une relation entre personnes de même sexe qui, d’elle-même, ne peut déboucher sur la procréation. C’est pour cette raison également que, en termes canoniques, le consentement mutuel des époux – l’une des conditions essentielles d’un mariage valide, avec l’indissolubilité et la fidélité – implique qu’ils… consentent ensemble au projet de fonder une famille. De ce fait, la procréation est elle-même essentielle au mariage chrétien.

Par contre, la stérilité du couple ne rend évidemment pas le mariage invalide, car elle est involontaire, et le plus souvent subie comme une grande épreuve par les conjoints. Face à cette souffrance, l’Eglise – comme l’a aussi déclaré le pape – encourage, si possible, l’adoption d’enfants. Tout en insistant sur le fait que l’amour conjugal peut aussi être fécond de bien d’autres manières. Enfin, si l’Eglise ne recommande pas d’avoir un nombre déterminé d’enfants – elle n’est pas opposée à une régulation responsable des naissances –, elle considère d’un œil favorable les familles où il y en a plusieurs.

Christophe HERINCKX

Catégorie : L'actu

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