Face au contexte lourd que nous traversons, nous avons voulu donner la parole à cinq jeunes. Et si c’était des plus jeunes que pouvait aussi jaillir un chant d’espérance? C’est le pari que fait Dimanche.

Les jeunes à qui nous donnons la parole sont conscients des plaies de notre monde. Lucides devant les défis qui nous attendent. Mais ces jeunes portent en eux une boussole. Ils croient que la résurrection n’est pas seulement un événement historique mais peut être le pain de chaque jour. Fermement convaincus que la vie est plus forte que la mort, ils nous offrent, en cette fête de Pâques, un magnifique cadeau.
VD
🔓 L’article qui suit provient du dossier spécial Pâques publié dans le Dimanche n°15. Pas eu l’occasion de le lire ? CathoBel vous offre exceptionnellement un extrait ⬇️
"Je pense que les choses peuvent changer"

pour le diocèse de Tournai
A l’inverse de Dieu dans la Genèse (Gn 1, 31), l’humain vit tout ce qu’il avait fait et cela n’était pas bon. Le constat est simple, mais en prendre conscience peut s’avérer difficile. Certains iront même jusqu’à nier les dérèglements climatiques pour le profit de ce qu’ils n’emporteront pas dans l’au-delà. Il est important que nous réalisions que Dieu nous a établis sur terre pour la cultiver et la garder, comme Adam dans le Jardin d’Eden (Gn 2, 15). Les péchés nous ont poussés à détruire ce don de Dieu. Transformons le lucre et l’avarice en une sobriété heureuse vécue collectivement.
A une époque où des milliardaires hypothèquent notre futur avec des voyages dans l’espace et des yachts imposants, demandons au Père, comme le Christ sur sa Croix, de leur pardonner (Lc 23, 34).
Nous vivons ensemble, sur la même terre, notre maison commune. Comment, alors, pourrions-nous rester indifférents aux malheurs qui s’y déroulent? La pauvreté, le manque d’accès aux ressources et la guerre sont symptomatiques d’une société en profonde crise. Ce sont les signes d’un système, prônant l’individualisme, arrivé à bout. Au point où, chacun serait sa propre divinité et détiendrait sa propre vérité. Il me paraît évident qu’en tant que chrétien et personne de bon sens, nous avons le devoir de ne pas entrer dans ce mythe égoïste et égocentriste. Nous devons donner une juste place à chacun. Cela passe par rendre leur dignité aux plus pauvres et mettre Dieu au cœur de nos vies. Aussi, rapprochons-nous des autres, pour nous rapprocher de Dieu. Comme le pape François, je pense que les choses peuvent changer (LS, 13).
Agir comme saint François
Notre maison est commune aux humains, aux animaux, aux arbres, aux plantes et à toute la création en général. Voir la grâce de Dieu dans les fleurs et les herbes, comme saint François d’Assise, est une posture oubliée par certains et pourtant riche de sens. Il y a une certaine joie à prendre conscience de la beauté de la nature qui nous entoure.
Je voudrais inviter chacun à agir comme saint François d’Assise en contemplant la beauté de la création. Son Cantique des créatures, écrit peu avant ses derniers jours, se termine avec une louange à la mort: "Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre sœur la Mort corporelle, à qui nul homme vivant ne peut échapper." Je voudrais en profiter pour prier pour les victimes des dérèglements climatiques, de la pauvreté et de la guerre. Puisse Dieu, notre Père, les accueillir dans l’au-delà et puisse notre espérance être celle d’une sauvegarde de la création.
Valentin Leclère, coordinateur pour l’écologie intégrale
pour le diocèse de Tournai

