Le deuil a-t-il changé à la suite de la pandémie ?


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Le deuil a-t-il changé à la suite de la pandémie ?
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le
2 min

L'UCLouvain participe à une étude interuniversitaire, afin d'évaluer les incidences occasionnées sur le vécu du deuil par les restrictions imposées dans l'accompagnement des personnes mourantes et dans les rituels funéraires. La participation de 1.000 personnes est attendue.

Ce n'est pas un secret, le contexte funéraire a été bousculé, voire bouleversé, par une modification des rites imposée par les contraintes sanitaires en vigueur depuis le début de la pandémie. Or l'accompagnement du défunt participe au processus du deuil. Lorsqu'il est rendu impossible, cela a des conséquences directes sur le déroulement même du deuil. Pas moins de 16% des Belges seraient concernés par la problématique et auraient été appelés à vivre un deuil dans de telles circonstances entravées.

Professeure à la Faculté de psychologie de l’UCLouvain et spécialiste des processus de deuil, Emmanuelle Zech relève que "le deuil est un processus douloureux et naturel, très différent d’une personne à l’autre, accompagné par des rites funéraires pratiqués depuis 100.000 ans. On parle de deuil compliqué s’il persiste dans son intensité ou dans la durée."

Une première dans l'histoire humaine

Les incidences de la restriction des rites funéraires sont l'objet d'études concertées entre sept universités : belge, française, canadienne, suisse, espagnole et portugaise. Il s'agit pour ces institutions de se pencher sur l’évolution des rites funéraires et d'envisager leurs incidences sur le vécu des personnes endeuillées. "Cette étude internationale va permettre de déterminer si la restriction de rites a induit davantage de deuils dits compliqués", précisent Emmanuelle Zech et Camille Boever, doctorante à l’UCLouvain, en charge du volet belge de l’étude. "Ou si, a contrario, la pandémie a poussé les personnes endeuillées à davantage de résilience et créativité face à la perte d’un·e proche." L'émergence éventuelle de rites alternatifs sera examinée et comparée entre pays participants.

La participation des personnes ayant perdu un proche depuis mars 2020 est sollicitée. La durée de l'enquête a été fixée à deux ans.

Infos

A. T.

Illustration (c) CCO Pxhere

Catégorie : Belgique

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