Katia, habitante de Kiev : « L’invasion nous a tous pris par surprise »


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Katia, habitante de Kiev : « L’invasion nous a tous pris par surprise »
© Hnapel, CC BY-SA 4.0
Par Clément Laloyaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Même dans ses rêves les plus fous, Katia I. n'aurait jamais imaginé vivre une journée comme hier. Les échos des bombardements dans le lointain et la panique des citoyens quittant la capitale n'empêchent cependant pas l'ukrainienne de rester optimiste quant à l'évolution du conflit. A condition d'une réponse forte de la part de la communauté internationale.

Place Maidan Kiev
Jamais les habitants de Kiev n'ont cru que le conflit s'inviterait jusqu'aux portes de la capitale. © Hnapel, CC BY-SA 4.0

"Il est 6h du matin lorsque je reçois un appel d'une copine : "Katia, la guerre a commencé !"" Pour la citoyenne de Kiev, que nous avons jointe hier par téléphone, l'annonce d'une invasion russe est à ce moment-là une surprise totale : "Je suivais bien entendu l'évolution du conflit et je savais qu'on risquait une attaque du côté de la Russie, dans les régions de Donetsk et de Louhansk. Mais jamais je n'ai pensé un seul instant que ce serait la guerre complète dans toute l'Ukraine. Rendez-vous compte : même les bases militaires proches de la frontière polonaises ont été touchées."

Les habitants de Kiev courent vers leur voiture

Après le choc de l'annonce, Katia fait très vite face au poids de la réalité. "Peu après mon réveil, je regarde par la fenêtre et je vois quatre avions de chasse survoler Kiev. Puis, toujours dans la matinée, j'entends des bombardements au loin. D'après moi, les bruits viennent de l'autre côté de la rivière Dniepr qui passe dans la capitale. J'ai appris par après que c'était la base militaire de Brovary qui subissait une attaque. Aux infos, ils nous ont expliqué que l'armée russe s'en prenait aux bases militaires et aux aéroports."

L'image qui a le plus marqué Katia, c'est voir tous les habitants de Kiev courir vers leur voiture pour tenter de fuir la capitale. "Tout le monde bougeait avec sa voiture, il y avait beaucoup de files, c'est vraiment quelque chose que, même en rêve, je n'aurais pu imaginer". Pour autant, la "Kiévienne" ne compte pas suivre le mouvement. Elle a décidé de rester chez elle avec sa petite famille. Son mari ne peut de toute façon pas quitter le pays puisqu'il est mobilisé.

Le gouvernement communique via Whatsapp et Telegram

Si l'inquiétude et l'effroi dominent au sein de la population ukrainienne, Katia estime-t-elle que ses concitoyens sont pour autant définitivement résignés ? Ou la lueur d'espoir et d'optimisme brille-t-elle toujours en Ukraine ? "Beaucoup d'Ukrainiens disent vouloir résister à Poutine. Ils espèrent que les états du reste de l'Europe et du monde veulent toujours lui résister également et qu'ils réagissent, non plus par des paroles, mais par des sanctions claires, efficaces ... et réellement mis en place ! Et là, peut-être qu'à ce moment, l'Ukraine et les Ukrainiens arrêteront de subir toute cette pression suffocante. J'espère surtout que la résolution du conflit ne se fera pas après un nombre trop important de décès."

Katia reçoit fréquemment des informations du gouvernement ukrainien par des canaux tels que Telegram ou Whatsapp. "Ils nous transmettent la localisation des abris où on peut se réfugier en cas d'attaque imminente. Ils nous demandent de ne pas céder à la panique. De toujours garder notre "valise urgente" (valise contenant les documents précieux) près de nous. Ils nous expliquent également comment réagir avec les enfants, comme les préparer à une attaque, etc."

La propagande au coeur de la guerre

Que cette invasion trouve grâce auprès de nombreux russes, cela n'étonne nullement Katia. "Vladimir Poutine, il déclare haut et fort que c'est l'Ukraine qui a déclaré la guerre. Il annonce à la population russe que c'est nous qui provoquons, menaçons et agressons. La propagande là-bas fonctionne super bien. Les gens sont complètement "zombéifiés" par la télé de Poutine. D'ailleurs quand on l'écoute, ses propos sont terribles. Pour lui, l'Ukraine en tant que pays n'existe pas. Il y a par contre une Ukraine soviétique qui doit ré-appartenir à la Russie. De la pure propagande."

Propos rapportés par Clément Laloyaux

Catégorie : International

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