Cinéma – L’amour n’a pas de frontières


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Cinéma – L’amour n’a pas de frontières
Par La rédaction
Publié le
3 min

Une veuve tombe amoureuse d’un réfugié qui lui fait changer sa façon de voir la vie. Ce récit, inspiré d’une histoire vraie, a inspiré le nouveau film de Jérémie Elkaïm, Ils sont vivants.

Une embarcation de migrants a fait naufrage dans la Manche." Des phrases comme celle-là, on en lit ou on en entend hélas pratiquement toutes les semaines dans les médias. A bord de radeaux de fortune, au péril de leur vie, des hommes, des femmes et des enfants tentent tous les jours de passer vers l’Angleterre, loin de la guerre et la misère de leur pays d’origine. La plupart réessayent, encore et encore mais n’y arrivent jamais. Certains se noient en mer, dans l’indifférence générale. Ces tragiques décès sont en effet devenus tellement réguliers qu’on n’y prête plus attention. Dans ces cas-là, le cinéma peut être un outil pour remettre un coup de projecteur sur des drames qui se déroulent en silence, juste sous nos yeux.
C’est le cas du film de Jérémie Elkaïm, Ils sont vivants. Ce long-métrage, adapté du livre de Béatrice Huret, Calais mon amour, raconte l’expérience vécue par cette Française dans la jungle de Calais. Si l’angle politique est évident, il s’agit avant tout d’un récit d’amour, porteur d’espoir.

Un film incarné

Ils sont vivants raconte en effet la passion amoureuse née entre Béatrice et Mokhtar, un réfugié iranien. Deux âmes sœurs qui auraient pu ne jamais se rencontrer. Béatrice vivait en effet dans un milieu plutôt réfractaire à l’accueil des migrants. Après le décès de son mari, elle décide pourtant de faire don de ses vêtements à un camp de réfugiés, la fameuse jungle de Calais. C’est là, au milieu des tentes et abris de fortune, qu’elle croise le regard de Mokhtar. D’abord hésitante et sur ses gardes, elle va peu à peu apprendre à le connaître et à dépasser ses a priori. En parallèle, Béatrice va s’impliquer de plus en plus dans la gestion du camp, venir en aide aux réfugiés, allant jusqu’à les héberger chez elle, un acte puni par la loi en France.
La question de l’accueil des migrants imprègne donc tout le film. On voit comment les bénévoles s’organisent pour pouvoir apporter leur aide. Ce qu’ils risquent en cas de contrôle de la police. Mais on s’attache aussi à cette romance, filmée de façon vibrante, comme en témoigne le réalisateur, Jérémie Elkaïm. "Quand j’ai compris que je pouvais traiter cette histoire de façon incarnée et intime, faire vivre les échanges de regard et l’attirance à fleur de peau des personnages, je me suis dit que ça permettrait de mettre le politique dans la chair et l’inconscient
du film."
A travers les regards, l’intimité de ces deux amants, on voit comment l’amour peut amener à se dépasser. Le changement d’attitude de Béatrice n’est pas toujours facile à assumer vis-à-vis de son entourage. Elle est critiquée pour ses actes que ses proches jugent contraires à leurs valeurs. Mais elle tient bon et découvre que rendre service, se tourner vers l’autre, amène beaucoup plus de satisfaction et de bonheur que le repli sur soi et la peur de ce qui est étranger. Sans vouloir imposer de vision politique ou émettre de jugement, Ils sont vivants illustre donc simplement la puissance d’un amour qu’on pourrait croire, à tort, impossible.

Elise LENAERTS

Catégorie : Culture

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