A Florence se tenait la deuxième rencontre pour la paix en Méditerranée. 64 évêques et maires ont signé une charte pour plus de coopération et de dialogue.

Préparé de longue date, le rendez-vous des évêques et des maires du pourtour méditerranéen qui se déroulait du 23 au 27 février dernier s'est trouvé bousculé par l'actualité. La santé du pape, d'une part, a fait que François n'a pas pu se rendre à Florence, officiellement à cause de sa douleur au genou. D'autres sources laissent entendre un motif plus politique en raison de la présence d'un ancien ministre italien, responsable d'un accord avec la Libye sur la question des migrants. Le sommet de Florence a surtout été bousculé par l'actualité internationale. Ce rendez-vous autour de la Méditerranée avait à peine commencé que les troupes russes faisaient entendre leurs armes en Ukraine.

Le journal La Croix relaye les mots de Benjamina Karic, la maire de Sarajevo – ville assiégée entre 1992 et 1996 par l’armée yougoslave –, : "Après Sarajevo, nous avions dit que plus jamais cela ne devait arriver en Europe. Mais trente ans après, cela recommence." Le patriarche de l’Église catholique chaldéenne, le cardinal Louis Raphaël Ier Sako, ne tenait pas un discours très différent : "Nous sommes dans une région où les conflits sont partout : en Irak, en Syrie, au Liban, au Yémen… Cela nous montre que le conflit peut s’étendre très vite. J’observe en Ukraine le même scénario que celui qui s’est produit en Irak, quand les Américains sont intervenus pour changer le gouvernement en place par un régime encore pire !"
Nous devons nous mobiliser pour l'accueil
A l'issue du sommet de Florence, le cardinal Hollerich expliquait à Vatican News: "Malheureusement, l’archevêque majeur de Kiev a dû annuler sa présence, ce que tout le monde approuve car un pasteur doit rester avec ses brebis en temps de crise et de guerre." L'archevêque du Luxembourg appelle les Églises européennes à prendre leur part de l'accueil des réfugiés ukrainiens: "Nous devons tout faire pour l’accueil. Les États souvent n’ont pas de solution, comme c’est le cas déjà pour les autres réfugiés. Ils ne proposent pas réellement de centres d’accueil. Nous devons donc en tant qu’Églises les loger en famille, car ce qui est nécessaire n’est pas seulement d’avoir un toit et de la nourriture. Naturellement, ce sont les premières choses à pourvoir, mais l’essentiel est aussi d’avoir un accueil fraternel, voir qu’ils ne sont pas seuls."
L'interview du Cardinal Hollerich se termine par un souhait en tant que président de la Comece, conférence des épiscopats de l'Union européenne : "Il faut tout faire pour une désescalade du conflit, tout faire pour sauver la population civile, tout faire pour ouvrir des corridors humanitaires afin que les Ukrainiens quittent le pays et le zones de combat. La fermeté est requise dans les négociations, car nous ne pouvons pas seulement opposer de belles paroles à une telle agression. J’en appelle à toutes les institutions de l’UE, afin qu’elles prennent toutes les mesures possibles. Toutes. Y compris si l’Europe doit se priver."
Ce rassemblement de Florence, réunissant maires et évêques autour de la question méditerranéenne, s'est terminé par la signature d'une charte. Évêques et maires ont constaté l'intérêt d'intensifier la collaboration dans leurs villes afin "de préserver la justice, de renforcer la fraternité et le respect de tous les citoyens et des communautés culturelles et religieuses qui y sont présentes". Le programme était donc empreint d'un appel au dialogue et à la paix. "Maire de la seconde ville de Corse, cela m’a fait tout drôle de me retrouver entre les maires d’Athènes, d’Istanbul, de Belgrade et d’Amman". Pierre Savelli, maire de Bastia, confie à Vatican News "l’image de faire du continent méditerranéen, un continent de paix", en espérant que cet espace commun puisse "permettre aux jeunes de se construire comme citoyens de la Méditerranée".
AF dB (avec La Croix et Vatican News)

