Film – La première apôtre de Jésus


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Film – La première apôtre de Jésus
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

Le film Marie Madeleine réhabilite la figure de celle qui a été la première à proclamer la résurrection de Jésus.

Pêcheresse repentie, épouse de Jésus, prostituée… la figure de Marie Madeleine a alimenté bien des débats sur ce qu’elle fut vraiment. Ce n’est que récemment, en 2016, que le pape François l’a réhabilitée en la mettant sur un pied d’égalité avec les apôtres. Le film Marie Madeleine, disponible sur Netflix, rend hommage à cette figure biblique longtemps malmenée. Le réalisateur Garth Davis (Lion) recontextualise d’abord, en présentant Marie, une fille de pêcheurs qui ressent une connexion avec Dieu sans comprendre de quoi il s’agit. Poussée à remplir son rôle d’épouse et de mère, elle choisit à la place de suivre Jésus de Nazareth, le seul à comprendre sa solitude.
Le film propose donc de se plonger dans le chemin du Christ, en suivant un angle différent. Les producteurs du film, Iain Canning et Emile Sherman ont éprouvé le besoin de raconter cette histoire lors de la découverte archéologique de fragments de parchemins attribués à Marie Madeleine. "La relecture de la destinée du Christ à travers le regard d’une femme nous a semblé amener un nouvel éclairage sur le passé tout en faisant écho à des problèmes très actuels", ont-ils déclaré. Marie Madeleine s’inscrit en effet clairement dans le mouvement actuel qui consiste à réhabiliter des figures féminines.

Une introspection, en sobriété

Le film trouve ainsi son inspiration principale dans l’Evangile de Marie. Le chemin de Jésus et ses apôtres jusqu’à Jérusalem est donc émaillé de débats, soulignant l’importance de la place de cette jeune femme auprès de Jésus, et la pertinence de sa compréhension de la sainte parole, qu’elle tente de transmettre. La mise en scène, à la fois sobre et signifiante, nous porte au cœur de l’âme de cette femme, perdue au milieu d’hommes. En utilisant la musique, quasi omniprésente, pour accompagner les visages et les regards, le film invite à l’intériorité et à la réflexion sur la foi et le Royaume de Dieu.
Le pardon, la pitié, l’humanité, chers à Marie Madeleine, trônent au centre des passionnantes discussions qu’elle mène avec les autres apôtres. Ses échanges avec Pierre, avec lequel elle entretient des rapports conflictuels, sont particulièrement éclairants. On nous présente leurs divergences d’opinion mais en soulignant le respect et la reconnaissance qu’ils ont l’un pour l’autre.
Le regard novateur du film s’illustre également dans la façon dont il présente Judas. Plutôt que d’en faire le traître éternel, le réalisateur le dépeint comme un être humain, fragile et faillible. On voit donc sa ferveur à défendre Jésus et son espoir de vivre un jour dans un monde meilleur. A travers des scènes-clés de l’Evangile, entrecoupées de discussions, Marie Madeleine tente d’offrir une relecture inclusive et moderne. Il était ainsi important pour l’équipe de ne froisser quiconque dans le public. Liz Watts, la productrice, a notamment expliqué que le film n’avait aucune prétention théologique ou historique. Leur volonté était d’offrir une version artistique ouverte à toutes les interprétations, tout en respectant la confession de chacun.

Elise LENAERT

Catégorie : Culture

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