Cinéma – Une oreille attentive


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Cinéma – Une oreille attentive
(c)Julien Panie-Jerico Films-PereFilms France3Cinéma
Par La rédaction
Publié le
3 min

Dans On est fait pour s’entendre, Pascal Elbé s’inspire de sa vie pour faire le récit de rencontres, à l’écoute de l’autre.

(c)Julien Panie /Jerico Films /PereFilms France3Cinéma

Depuis quelque temps, tout le monde reproche à Antoine son manque d’écoute. A l’école, ses élèves ont l’impression qu’il ne s’intéresse pas à leurs besoins. Ses amis en ont assez qu’il réponde toujours à côté de la plaque et sa compagne a carrément jeté l’éponge, lassée par son égocentrisme. Même la voisine de l’appartement en bas a une dent contre lui, à force de devoir subir son réveil qui sonne de façon tonitruante tous les matins. Interpellé par ces remarques, Antoine décide de consulter un médecin. Il découvre alors avec stupéfaction qu’il a perdu beaucoup d’audition. Maintenant équipé d’appareils, il va pouvoir vivre sa vie pleinement, comme avant. Peut-être même fera-t-il des rencontres qui vont l’égayer.

Pascal Elbé (Le raid, L’amour aux trousses) a choisi pour son troisième film en tant que réalisateur de traiter un sujet autobiographique. L’acteur français de 54 ans a en effet constaté il y a quelques années qu’il entendait nettement moins bien. Après avoir hésité à s’inspirer d’un événement lié à sa propre vie, il a décidé de se lancer en s’appuyant sur le livre La vie en sourdine de David Lodge. L’écrivain y décrit de façon assez précise ce qu’on ressent quand on souffre de malentendance. On est fait pour s’entendre, en y ajoutant toutefois une autre dimension. Car il ne s’agit pas seulement d’un film sur le handicap, c’est aussi une comédie romantique, qui parle d’écoute de l’autre.

Un coup de projecteur

Mais parlons d’abord de l’aspect handicap qui est décrit avec légèreté, sans amoindrir les difficultés rencontrées par Antoine. Ce film permet de mettre en lumière une déficience dont on parle peu. Pourtant, selon l’Organisation Mondiale de la Santé, 466 millions de personnes dans le monde sont concernées, et 10% en Belgique.

Dans son film, Pascal Elbé raconte avec humour comment sa perte d’audition a influencé ses relations aux autres. Comme il n’entendait pas toujours ce qu’on lui disait, il ne répondait pas, ce qui était pris en retour pour de l’indifférence. Presque coupé du monde, il s’était renfermé. Avec douceur, On est fait pour s’entendre montre comment cet homme va s’ouvrir, une fois son audition récupérée. Il montre aussi la gêne qui peut malheureusement encore entourer le handicap. Car Antoine n’a pas envie d’avouer aux autres, surtout à celle qu’il apprécie, qu’il n’entend pas bien.

L’humanité qui se dégage du film dans ces moments-là est encore accentuée par la complicité entre Pascal Elbé et Sandrine Kiberlain, alias la voisine du bas. Les personnages qui gravitent autour d’Antoine sont en effet eux aussi bien campés. Ils racontent également quelque chose sur la solitude car chacun a traversé des épreuves. On l’a dit, On est fait pour s’entendre est une histoire de rencontres. De celles qui peuvent changer une vie…

Elise LENAERTS

Catégorie : Culture

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