Cinéma – Un cow-boy en colère


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Cinéma – Un cow-boy en colère
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Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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Le ranch des frères Burbank, dans le Montana, est perturbé par l’arrivée d’une veuve et de son fils.

Devant des montagnes grandioses, sur un ciel nuageux, se dessine la silhouette d’un cow-boy. Un troupeau de bétail avance, encadré par cet homme et ses compagnons, fièrement juchés sur leurs chevaux. Le moment est venu de rentrer au ranch pour passer l’hiver. Au côté de ce cow-boy aux éperons rutilants chevauche un homme vêtu d’un élégant complet. Ces deux hommes sont frères, et ils ne pourraient être plus différents. Phil, le cow-boy, est une incarnation de la virilité, brillant mais cruel. George, son frère, est en revanche un homme affable et bienveillant. Ensemble, ils dirigent le plus important ranch du Montana. Ce décor d’une sauvage beauté est le théâtre de The Power of the dog, le nouveau film de la réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion (Palme d’Or à Cannes en 1993 avec La leçon de piano). Nous sommes au début du XXe siècle. La modernité galopante du milieu des années 20 n’a pas encore atteint le ranch des frères Burbank. Dans leur monde, les hommes doivent dégager une masculinité évidente, sous peine de devenir la cible de moqueries, voire même de violence. Phil surtout, pour qui la figure exemplaire est Bronco Henry, un cow-boy décédé 25 ans plus tôt, s’inscrit dans cette tradition de mâle dominant.

D’une beauté à couper le souffle

C’est dans ce contexte que va se développer une histoire complexe de relations humaines, sur fond de fantômes du passé. L’élément déclencheur, c’est le mariage en catimini de George avec Rose, une veuve qui ne plaît pas du tout à Phil. Furieux, celui-ci décide de se venger en lui menant la vie dure. Le quotidien au ranch se corse encore plus le jour où emménage Peter, le fils de Rose. Ce jeune étudiant en médecine a en effet des manières efféminées qui révulsent le fier cow-boy.
Ces différents personnages vont permettre à Jane Campion de nous mener sur plusieurs chemins, avec une rare subtilité. Son western possède tous les éléments du genre: des paysages créateurs d’ambiance, des hommes et des femmes confrontés à la nature, des saloons et des cavalcades dans les plaines entourées de montagnes. Il est cependant assorti d’une profondeur, d’une volonté d’interroger les mœurs de l’époque mais aussi les nôtres.
Phil, bien sûr, est particulièrement intéressant. Son acharnement contre la veuve et son fils cache des failles révélées au fil de l’histoire. Nous n’en dirons évidemment pas plus, si ce n’est que cette dimension est probablement la plus moderne de l’histoire des frères Burbank. Le personnage de Peter mérite lui aussi qu’on s’y attarde. Jeune homme réservé, au look étudié, il dévoile une facette étonnante, à mesure qu’on apprend à le connaître. Les protagonistes de The Power of the dog ne sont donc pas toujours ce qu’ils semblent être, rendant leur histoire d’autant plus passionnante.
Jane Campion nous parle des relations humaines, des tensions familiales et d’amour. En jouant sur l’ambiguïté, elle nous promène au sein d’un récit qui gagne en puissance jusqu’à la dernière scène. Un film qui vous "scotche" !

Elise LENAERTS

Catégorie : Culture

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