Irénée de Lyon, futur « docteur de l’unité »


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Irénée de Lyon, futur « docteur de l’unité »
Saint Irénée de Lyon
Par Christophe Herinckx
Journaliste de CathoBel
Publié le
3 min

Saint Irénée de Lyon

Le pape déclarera prochainement saint Irénée de Lyon "docteur de l'Eglise". Déjà père de l'Eglise, le deuxième évêque de Lyon est mort martyr en 202.

Au groupe de théologiens orthodoxe-catholique Saint-Irénée qu'il recevait en audience, le pape François a annoncé que leur saint patron serait bientôt le 37e docteur de l'Eglise, répondant ainsi à une demande exprimée par le cardinal Barbarin.

Né dans les environs de Smyrne, Irénée fut le disciple de son évêque Polycarpe, qui lui-même fréquenta saint Jean. Le futur évêque fut donc éduqué dans la douceur de l’amour de Jésus. En 177, il échappa de justesse à une terrible persécution à Lyon. Il fit donc l’expérience concrète de la cruauté du monde et des hommes. Et pourtant, il défendit avec justesse la bonté de Dieu malgré le spectacle de la mort et de la souffrance.

Car, à cette époque, de grands intellectuels prétendaient que le monde et le corps humain n’étaient qu’une prison dans laquelle les étincelles divines étaient retenues prisonnières. Le Christ lui-même avait fait semblant de se faire homme. Au baptême, il était descendu dans le corps de Jésus, mais il était bien vite parti quand celui-ci fut condamné à la croix. Le salut n’était pour eux qu’une question d’intelligence et de connaissance, pas d’amour. Et ce salut était réservé à une élite intellectuelle.

Chez Irénée, tout est histoire d’amour

Face à cela, Irénée composa son œuvre majeure, Contre les hérésies. Il y affirma que non seulement le Fils de Dieu s’était fait homme, mais qu’il avait en plus récapitulé toute l’histoire de l’humanité, c’est-à-dire qu’il avait pris sur lui toutes les souffrances et toutes les erreurs des hommes et qu’il les avait illuminées par sa présence. Tout, d’ailleurs chez Irénée, est histoire d’amour. Dieu a créé l’homme pour pouvoir déverser en lui toute sa tendresse. Le Fils de Dieu avait surgi hors du Père pour offrir au monde la grandeur de sa sollicitude. L’homme avait été créé bon et plein de bonnes dispositions. Mais il a été victime de la perfidie du serpent. Il fallait qu’il apprenne les fausses joies de la désobéissance pour pouvoir goûter la splendeur de l’amour de Dieu et de sa présence.

L’évêque de Lyon mit en application la beauté de son nom: la paix (en grec, eirènaios). Les évêques d’Orient célébraient la fête de Pâques à une autre date que celle reconnue par les Latins. Le pape Victor avait menacé les Orientaux d’excommunication, mais Irénée obtint que chacun pût célébrer la Pâque selon ses habitudes et le calme revint dans l’Eglise.

Philippe HENNE

Catégorie : Vatican

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