Icône contemporaine: Une nouvelle image de Sainte Waudru


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Icône contemporaine: Une nouvelle image de Sainte Waudru
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le - Modifié le
4 min

Le temps des confinements a permis à Vincent Minet, de l’association des icônes contemporaines, de terminer une représentation grand format de sainte Waudru. Cette œuvre tient une place d’honneur
dans la collégiale de Mons.

Depuis quelques jours*, les visiteurs de la Collégiale Sainte-Waudru de Mons ont pu découvrir une toute nouvelle représentation de la sainte patronne de cette cité. Signée par Vincent Minet, l’icône sainte Waudru, de dimensions imposantes, est installée dans la chapelle du Chef, près de l’entrée latérale de la Collégiale. Quand la lumière du soleil perce par les vitraux, l’éclairage se reflète sur la peinture dorée et rend l’espace plus lumineux et éclatant.

Pour l’animateur en pastorale Vincent Minet, son installation, mi-octobre, représente l’aboutissement d’un
travail entrepris depuis deux ans, en concertation avec le doyen de Mons, l’abbé André Minet. La ville de Mons est célèbre pour le combat de saint Georges contre le dragon qui constitue l’un des points d’orgue
des festivités du Doudou (fin mai ou début juin chaque année). "Il ne faudrait pas croire que saint Georges est le patron de Mons", soulignait toutefois le curé-doyen des paroisses montoises. Peu avant les confinements, l’animateur en pastorale et lui ont donc décidé d’imaginer une icône de sainte Waudru, la "vraie patronne de la Cité". En parcourant la collégiale de Mons, Vincent Minet a trouvé une place possible pour cette œuvre dans la Chapelle du Chef, là où les Montois viennent chaque année honorer la relique du chef (la tête) de sainte Waudru.

Une représentation spirituelle

Vincent Minet sur son échafaudage pour dessiner une icône grand format.

L’icône a tout de suite été envisagée en grand format, sur une planche de 3,06 mètres de hauteur, pour deux mètres de largeur. Quant au contenu du dessin, peu d’éléments certifiés ou de description physique de la sainte qui a vécu au VIIe siècle sont disponibles. Vincent Minet reconnaît qu’au départ "on ne sait quasiment rien de sainte Waudru". Son travail a donc consisté à la représenter sous un angle spirituel. Son visage par exemple, "ni trop mûr, ni trop jeune" montre quelqu’un d’austère, volontaire et ascétique, selon les qualificatifs que le peintre a choisis. Et pourtant, la mise en couleurs a pu estomper certains traits, pour permettre à chaque regard d’en faire sa propre interprétation.

"L’artiste n’est pas seul", insiste Vincent Minet en se souvenant des nombreux échanges avec le doyen de
Mons, et d’autres experts en théologie. A chaque étape du croquis au vernis final, les avis extérieurs ont permis d’ajuster la représentation de sainte Waudru. L’icône représente la patronne de la Cité, décalée sur le côté gauche dans une attitude propice à "servir les pauvres" comme elle l’a fait à son époque. Sa main gauche est ouverte vers la cité montoise symbolisée dans ses deux dimensions: religieuse avec la Collégiale et civile avec le Beffroi. Les eaux de la Trouille et de la Haine (cours d’eau coulant à Mons) sont aussi représentées.

En temps de malheurs

Cette nouvelle icône de sainte Waudru est dévoilée dans un contexte particulièrement approprié par rapport à l’œuvre de la sainte patronne montoise. De nombreux habitants sont venus en la collégiale de Mons ces derniers mois demander la guérison, ou du moins la fin de cette pandémie. De même, "sainte Waudru a prié pour que les malheurs de son temps s’estompent", comme le rappelle Vincent Minet. Dans les explications fournies par les guides touristiques, il est d’ailleurs précisé que "depuis des siècles, la sainte est invoquée pour venir en aide à la population, en particulier dans les moments difficiles comme les guerres et les épidémies. C’est d’ailleurs dans le contexte de la grande peste de la moitié du XIVe siècle que la Procession du Car d’Or en hommage à sainte Waudru trouve son origine."
Le doyen de Mons voulait initialement pouvoir accrocher cette nouvelle icône lors de la cérémonie de la
descente de la chasse, en juin dernier. Avec un peu de retard dû à des aléas techniques, les Montois et les
visiteurs peuvent enfin découvrir cette représentation de la sainte patronne de la cité. Cette image devrait être déclinée, dans les prochains mois, en cartes postales et autres formats d’icônes plus faciles à porter.

L’animateur en pastorale, Vincent Minet, n’a pourtant pas totalement quitté l’échafaudage installé pour
peindre une icône dans ce grand format. Il a poursuivi son travail (bénévole) au sein de Icône contemporaine avec une autre commande pour la collégiale Saint-Ursmer de Lobbes. Il s’agira d’une Croix, de dimensions imposantes, au verso de laquelle sera dessinée saint Ursmer. Là aussi, la réalisation se fait pas à pas, en concertation avec les responsables religieux et les spécialistes
théologiques du lieu. L’ambition est de terminer l’œuvre pour l’anniversaire en 2023 de l’élévation
des reliques. Le défi est de taille: ce sera la deuxième œuvre de trois mètres de hauteur, qui viendra s’inscrire dans un édifice remarquable comme l’est cette collégiale de l’époque carolingienne.

AF de BEAUDRAP

* Cet article est paru dans le journal Dimanche n°38 (daté du 31 octobre 2021), en page Culture.

Catégorie : Belgique

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