Camps d’été les genoux dans l’eau


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Camps d’été les genoux dans l’eau
De jeunes guides sous eau
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le - Modifié le
4 min

Pour de nombreux jeunes en Belgique, la semaine du 14 juillet, et le week-end du 24 et 25 juillet, resteront dans les mémoires. Les camps scouts et guides dans plusieurs régions wallonnes ont dû être évacués en raison des intempéries.

Camp d'été sous la pluie

En temps ordinaire, dixit Romain Castelet, porte-parole des Guides catholiques de Belgique, "le camp d'été est le temps fort de l'année, un moment pour se déconnecter et prendre l'air". Cette année malheureusement a amené certains jeunes à se retrouver les pieds dans l'eau, et la tente hors service. Notons que les mois précédents avaient déjà mis les animateurs à contribution en matière d'inventivité pour organiser des e-réunions, ou pour composer des activités par bulles de 10 ou de 50 ou de 20 jeunes. Ce mois de juillet a réservé d'autres surprises désagréables : déplacement des camps sur des terrains en hauteur, évacuation en urgence ou relogement dans des bâtiments communaux.

Les scouts et les guides garderont certainement un souvenir marquant de ces camps 2021. Prenons l'exemple de Cymric (de son nom de totem) partie avec l'unité scoute et guides de Braine-le-Comte, camper à Couvin. Dès l'arrivée dans les premiers jours de juillet, le sol des terrains est détrempé par la pluie qui tombe en journée et presque toutes les nuits. Heureusement, les tentes sont montées sur pilotis ce qui permet à l'eau de passer en dessous sans abîmer les couchages. Les animateurs, prudents, avaient eu le réflexe de déplacer toutes les installations des jeunes guides vers le terrain du haut, plus éloigné du cours d'eau en contrebas.

De l'eau jusqu'aux hanches

Le camp des Guides aventures à Couvin, le 13 juillet

"Ce jour-là [le mardi 13 juillet], se souvient Cymric, 13 ans, nous étions occupées par un concours de cuisine." La pluie qui tombait en permanence et de plus en plus fort a compliqué le bon déroulement de la cuisson sur les tables à feu, mais aussi les déplacements entre les points de cuisson et les lieux de service. La jeune adolescente raconte qu'au fur et à mesure "des petites rivières se formaient dans la prairie." A un moment donné, les guides ont eu de l'eau jusqu'au genou, elles se sont réfugiées dans les tentes sur pilotis pendant deux heures à l'abri. Notre témoin qui fait partie des plus grandes de la troupe a continué de donner un coup de main aux animateurs pour "débarrasser les objets" comme elle l'explique, c'est à-dire les mettre en hauteur… En vain ! En fin de journée, l'eau arrive jusqu'au torse des animateurs. La décision est prise d'évacuer tout le monde jusqu'à une salle communale où quelques heures plus tard, les parents viendront les chercher.

Le papa prend le relais pour nous expliquer cette chaîne de décision : "les chefs d'unité étaient en contact avec la cellule d'urgence qui eux-mêmes étaient en relation avec les pompiers et le bourgmestre du lieu." Les parents des jeunes guides évacuées sont revenus aider le dimanche suivant à ranger et nettoyer le lieu de campement. A part les émotions fortes vécues par les enfants, les adultes veulent saluer la capacité de réactivité des animateurs qui ont su faire face à l'évènement exceptionnel. "Je ne sais pas si j'aurais su être aussi responsable à 18 ans", reconnaît ce père de famille. C'est le même discours que celui tenu par le porte-parole des guides catholiques, fort de 23.000 membres et responsable cet été de 576 camps. Romain Castelet veut "saluer le courage des animateurs qui ont vite réagi pour mettre leur groupe à l'abri".

La chaîne de décision

De jeunes guides sous eau

Côté bilan chez les guides catholiques, les intempéries en régions liégeoise et namuroise n'ont provoqué que des dégâts matériels et des conséquences sur l'organisation des camps : "les camps du début du mois ont été écourtés, explique l'attaché de presse, tandis que les suivants ont commencé quelques jours plus tard que prévu." Pendant toute cette période, le mouvement guide était en "contact permanent avec le centre régional de crise" d'où a émané l'alerte inondations. Les guides catholiques l'ont immédiatement relayé par sms ou autres moyens rapides de communications aux chefs de camps. "On ne sort pas indemne de cette épreuve exceptionnelle", conclut Romain Castelet. Il est encore trop tôt pour faire le bilan également des actions de solidarité que les jeunes ont eux-mêmes entrepris, de leur propre initiative, dans les régions sinistrées par la pluie. L'image des scouts et guides sort, semble-t-il, renforcée de cette crise.

Anne-Françoise de BEAUDRAP

Photos: (c) Guides catholiques


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