Pape François: un Chemin de Croix avec les enfants


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Pape François: un Chemin de Croix avec les enfants
Le Pape François sur la place Saint-Pierre lors du Chemin de Croix du Vendredi Saint, le 10 avril 2020. (Vatican Media)
Par Vatican News
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Le Pape François sur la place Saint-Pierre lors du Chemin de Croix du Vendredi Saint, le 10 avril 2020. (Vatican Media)

Après avoir été confiées à des prisonniers l’an dernier, les méditations du Chemin de Croix présidé par le pape en ce vendredi saint, pour la cérémonie qui se tiendra sur la place Saint-Pierre et non au Colisée, ont été confiées cette année à des enfants. Avec une émouvante sincérité, ils y relisent les grands et petits drames de leur quotidien à la lumière des étapes de la Passion du Christ. En voici un florilège.

Le Chemin de Croix sera présidé par le pape François ce vendredi à 21h sur la place Saint-Pierre, en raison de la pandémie tout comme l’an dernier, et non au Colisée comme c’était la tradition jusqu’en 2019. Il sera retransmis par Vatican News.

Cette année, les méditations de la Via Crucis ont été confiées par le pape à un groupe de scouts de l'Ombrie (centre de l'Italie) et aux enfants d’une paroisse de Rome. Les illustrations accompagnant les méditations de ce Chemin de Croix ont été réalisées cette année par des enfants et des jeunes vivant dans des centres d'accueil de la capitale italienne.

Seul Jésus comprend les blessures des enfants

«Cher Jésus, tu sais que, nous aussi les enfants, nous avons des croix qui ne sont ni plus légères ni plus lourdes que celles des grands, mais ce sont de véritables croix que nous sentons lourdes, même durant la nuit. Et toi seul le sais et les prends au sérieux. Toi seul», est-il écrit en introduction de ce parcours, avant une liste des grandes et petites humiliations qui marquent et parfois provoquent un traumatisme pour les petits, même si elles semblent parfois anecdotiques pour les grands: la peur du noir, la honte d’avoir fait pipi au lit, la dyslexie et les moqueries qu’elle peut engendrer à l’école, l’incompréhension face aux parents qui se disputent, la frustration de ne pas pas pouvoir accéder aux mêmes biens que les enfants de familles plus favorisées, ou encore le fardeau des secrets qui ne peuvent pas être dits.

«Mon cher bon Jésus, tu sais surtout que, dans le monde, il y a des enfants qui n’ont pas à manger, qui n’ont pas d’instruction, qui sont exploités et forcés à faire la guerre. Aide-nous chaque jour à porter nos croix comme tu as porté la tienne. Aide-nous à devenir toujours meilleurs : à être comme tu nous veux. Et je te remercie parce que je sais que tu m’es toujours proche et que tu ne m’abandonnes jamais, surtout quand j’ai plus peur, et parce que tu as envoyé mon Ange gardien qui me protège chaque jour et m’éclaire», conclut la méditation introductive.

Un cœur simple, capable de reconnaître les fautes

Pour la première station ("Ponce Pilate condamne Jésus à mort"), un enfant revient sur un incident survenu à la cantine de l'école: «Quand j’étais au cours préparatoire, Marc, un enfant de ma classe, a été accusé d’avoir volé le déjeuner de son compagnon de banc. Je savais que ce n’était pas vrai, mais je suis resté en silence, ce n’était pas mon problème, et, en plus, tous le désignaient comme le coupable. Pourquoi aurais-je dû intervenir? Chaque fois que j’y repense, j’ai encore honte, je ressens de la peine pour mon action. J’aurais pu aider mon ami, dire la vérité et aider à rendre justice, mais je me suis comporté comme Pilate et j’ai préféré faire semblant de rien. J’ai choisi la route la plus confortable et je m’en suis lavé les mains. Aujourd’hui, je le regrette beaucoup : j’aurais voulu avoir eu un peu de courage, suivre mon cœur et aider mon ami en difficulté. Parfois, nous n’entendons que la voix de celui qui fait et veut le mal, alors que la justice est une route en montée, avec des obstacles et des difficultés, mais nous avons Jésus à nos côtés, prêt à nous soutenir et à nous aider», écrit-il. Les enfants demandent donc au Seigneur de leur donner la grâce d’avoir un «cœur simple et sincère».

Accueillir les personnes seules et marginalisées

Pour la cinquième station ("le Cyrénéen aide Jésus à porter sa croix"), un enfant raconte son amitié avec un jeune immigré: «Durant l’été, je jouais avec des amis du quartier dans le parc devant la maison. Depuis quelques mois, nous avions de nouveaux voisins qui avaient un fils de mon âge. Mais il ne jouait pas avec nous, il ne comprenait pas bien notre langue. Un jour, j’avais remarqué qu’il nous regardait de loin, il voulait jouer avec nous, mais il n’avait pas le courage de le demander. Je me suis approché, nous nous sommes présentés et je l’ai invité à jouer un match de football avec nous. Depuis ce jour, Walid est l’un de mes meilleurs amis, et le gardien de notre équipe», témoigne-t-il. «Jésus, fais-moi accueillir avec amour tous les frères seuls et marginalisés que je rencontrerai sur mon chemin», demande la prière des jeunes.

Trouver une relation ajustée à la mort

La 13e station (“le corps de Jésus est descendu de la croix”) revient, à travers le regard d’un enfant, sur le drame des décès par temps de coronavirus, et sur notre attitude face à la mort. «De l’ambulance sont descendus des hommes qui ressemblaient à des astronautes, couverts de combinaisons, gants, masques et visières, ils ont emmené mon grand-père qui avait du mal à respirer depuis quelques jours. C’était la dernière fois que je voyais le grand-père. Il est mort quelques jours après à l’hôpital, j’imagine en souffrant aussi de solitude. Je n’ai pas pu rester proche de lui physiquement, lui dire adieu et le réconforter. J’ai prié pour lui chaque jour. J’ai ainsi pu l’accompagner dans son dernier voyage terrestre.»

La prière conclusive, pour retrouver la pureté du regard et du coeur

Le Chemin de Croix des jeunes se conclut avec ces mots :

«Seigneur, Père très bon, cette année encore nous avons fait mémoire de la Via Crucis de ton Fils Jésus, et nous l’avons faite avec les voix et les prières des enfants, que toi-même as données comme exemple pour entrer dans ton Royaume.

Aide-nous à devenir comme eux, petits, nécessiteux de tout, ouverts à la vie. Fais que nous retrouvions la pureté du regard et du cœur.

Nous te demandons de bénir et de protéger chaque enfant du monde, afin qu’il puisse grandir en âge, sagesse et grâce, pour connaître et suivre le projet du bien que tu as pensé pour chacun.

Bénis aussi les parents et ceux qui collaborent avec eux dans l’éducation de tes enfants, pour qu’ils se sentent toujours unis à toi dans le don de la vie et de l’amour.

Par le Christ notre Seigneur. Amen. »

Source: Cyprien Viet - Vatican News


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