Le site catholic-hierarchy, construit et alimenté par David Cheney constitue une source documentaire fiable sur les évêques du monde entier, vivants ou décédés. En presque 20 ans d’existence, il a réuni 44 millions de visites du monde entier.

David Cheney, laïc américain, est un passionné d’informations et de documentation catholique. Son site, il l’a créé progressivement: «A la fin des années 1990, je travaillais au Texas comme informaticien dans une université, dit-il. Et je devais faire la preuve de mes compétences techniques. A l’époque, aucun diocèse du Texas n’avait de site Internet, contrairement à d’autres diocèses des Etats-Unis. Alors j’ai créé une base pour donner des infos sur les évêques titulaires des diocèses de ma région». C’est ainsi que démarre son projet, modestement. Au départ, David Cheney ne couvre que la douzaine d’évêchés du Texas. Puis il déménage dans le Middle West, d’où il est originaire, et commence à ajouter sur le site des éléments historiques. Progressivement, les informations vont couvrir les évêchés et leurs titulaires - en poste et passés – de toute l’Amérique, du nord au sud. Les prélats d’Europe, d’Afrique et d’Asie y sont ensuite incorporés. En août 2002, le site catholic-hierarchy naît sous sa forme actuelle: 8700 évêques et 5300 diocèses.
Plus de 40 000 évêques
Près de vingt ans plus tard, le résultat est étonnant. Plus de 40 000 évêques y sont désormais recensés, les titulaires ainsi que leurs prédécesseurs. Grâce à une nomenclature alphabétique, trouver les informations les concernant est un jeu d’enfant. Sur chaque fiche nominative figurent la date de naissance, d’ordination presbytérale et épiscopale de l’évêque concerné, ainsi que les coordonnées de son diocèse. Une source d’informations précieuses, tous continents confondus. «J’essaie d’être précis», relève simplement le créateur du site.
L’exactitude des informations est gage du succès du site. Méticuleux, David Cheney reprend les données du Bolletino quotidien de la Salle de Presse du Vatican, notant les nominations et les démissions épiscopales. En outre, il passe en revue tous les trois ans les pages web des diocèses pour être à jour. De leur côté, les utilisateurs lui transmettent par courriel des informations lorsqu’ils constatent une erreur. «Il y a toujours des changements. Mais avec les retours et la collecte d’informations que je reçois, c’est rare qu’il y ait des erreurs.» Prudent, le responsable confesse néanmoins: «Je donne les adresses des sites des diocèses et leurs numéros de téléphone, mais pas les adresses mail, car elles changent souvent».
Un peu de publicité
Si on demande à David Cheney si le site a du succès, il répond en consultant ses écrans: «En une demi-heure, depuis que nous parlons, il y a eu 180 visiteurs». Les chiffres attestent de l’utilisation du site: en 2012, pour ses dix ans, les 20 millions de visites ont été atteints. Actuellement, le site en affiche 44 millions pour 305 millions de pages vues en presque vingt ans. Mais comment ce site peut-il fonctionner, sur la base du seul travail de son créateur? «Je n’ai pas d’aide, mais j’ai pu ajouter un peu de publicité. Mon but a toujours été que le site soit financièrement auto-suffisant. Il ne me rapporte presque pas d’argent et cela occupe beaucoup de mon temps», ajoute David Cheney, en souriant.
Une des difficultés, toutefois, a été de s’adapter aux Églises rattachées à Rome, dont la terminologie ne correspond pas à celles des diocèses catholiques ordinaires. Entre les exarques, patriarches et autres dénominations, David Cheney a consacré un onglet spécial aux Églises orientales.
Le site continue son chemin. Actuellement, reconnaît David Cheney, un coup de rafraîchissement sera utile, car la base de données accuse un peu le poids des ans. «Dans cinq ans, je serai à la retraite. Et j’aurai le temps de continuer avec le site, de manière plus régulière». En attendant, catholic-hierarchy reste une base incontournable de la documentation catholique internationale.
cath.ch/Bernard Litzler
Image: Droits Réservés Cath.ch
