La Belgique a beau figurer parmi les pays les plus tolérants face à la population LGBT, il n’en demeure pas moins vrai que l’homophobie n’a pas disparu du paysage. Souvent tue par les victimes, par peur. Des associations existent, pour leur venir en aide. Comme la Communauté du Christ libérateur, reconnue par le milieu.
Prendre son ou sa partenaire par la main en public. Un geste anodin, mais qui ne l’est pas toujours pour la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres). Les chiffres sont là pour le prouver. Quelque 1500 dossiers ont ainsi été ouverts pour discrimination dans la dernière décennie. Les chiffres diffusés par l’association Unia (Centre interfédéral pour l’égalité des chances) pour 2019 se révèlent plus précis. L’an passé, l’association a ainsi ouvert quelque 133 dossiers relatifs à des cas de discrimination liée à l’orientation sexuelle. Et pourtant, la Belgique peut se targuer d’une deuxième place (derrière Malte) dans le classement des pays dits "gay-friendly".
Et tout n’est pas affaire de faits de violence physique. L’homophobie peut être tout aussi douloureuse quand il s’agit de paroles ou d’attitudes.
Encore trop de préjugés
Des victimes qui dénoncent souvent une homophobie latente. Comme l’explique Jean D. Jeune artiste, trentenaire et gay, qui témoigne d’un vécu parfois difficile à accepter. A-t-il déjà souffert d’homophobie ? Sa réponse fuse: "Oui, mais pas de celle que j’appelle ‘dure’. Il s’agissait surtout de ces petits préjugés qui, du fait de leur répétition, font mal aussi. Aujourd’hui encore, je constate que même si peu de gens se déclarent ouvertement homophobes, ces personnes le sont sans même le savoir." Un témoin qui n’hésite pas à critiquer une partie du milieu gay, jugée responsable de ces préjugés véhiculés dans la population. "Je me suis rendu compte que beaucoup d’hétérosexuels reprenaient tout simplement des attitudes affichées par certains homos. Comme lors de la "gay pride" et son cortège de folles et d’excentriques. Mais nous ne sommes pas tous comme cela. Nous sommes simplement comme tout le monde. J’ai souffert et j’en souffre encore de ces préjugés qui m’empêchent d’être moi-même."
Un témoignage fort, sans nul doute identique à ceux que pourraient rapporter celles et ceux qui aiment une personne du même sexe. Ces invertis, comme on les baptisait autrefois.
Philippe DEGOUY
Un entretien avec Michel Elias, porte-parole de la Communauté du Christ libérateur, est à retrouver prochainement dans l'hebdomadaire Dimanche.

