Pour cette Semaine sainte, une passionnée de dentelles met son œuvre au service de la prière et de la méditation. Rencontre avec l'artiste.
Monique Caignet-Mortiaux a inauguré le week-end passé son premier Chemin de croix en dentelles, exposée en l'église saint Christophe de Charleroi. La présence de ces morceaux de fils brodés au fuseau pour symboliser Jésus, Marie ou Jean, apporte un peu de douceur aux tableaux de ce chemin de croix. Mais quel travail Monique Caignet-Mortiaux a dû réaliser pour élaborer point après point ces quatorze stations !
L'artiste originaire de de Montignies-sur-Sambre est passionnée de cette forme de création depuis 33 ans. Dans certaines fancy-fair de la région, ou dans des expo-ventes, elle a pu montrer cette dentelle aux fuseaux, de type figurative. "Ne comptez pas sur moi pour faire des napperons !", précise-t-elle. Au fur et à mesure des créations, elle a commencé à représenter des scènes bibliques, qu'elle a rassemblé dans une brochure au titre explicite: "Quand la dentelle se fait prière". Du temps supplémentaire s'est présenté à Monique Caignet-Mortiaux, au début du premier confinement en mars 2020. En tant que conjointe aidante pour son mari médecin, son travail de secrétariat a été réduit du fait des consignes sanitaires qui ne permettaient plus de consultations en cabinet. Ce temps rendu disponible lui a donné l'occasion de s'atteler à de nombreux tableaux en dentelle, qui restaient stockés dans son atelier. "L'idée d'un chemin de croix me trottait dans la tête depuis longtemps", raconte-t-elle. "J'étais prête à en faire don à une église de la région", précise l'artiste. Monique Caignet-Mortiaux contacte alors l'abbé Daniel Procureur, doyen principal de la région de Charleroi qui se montre enthousiasmé par le projet. "C'est lui qui a proposé les textes qui accompagnent chaque tableau", insiste l'artiste.
Les visiteurs de la basilique saint Christophe à Charleroi sont invités "refaire" ce chemin de Croix à la suite du Seigneur "avec tous ceux et celles qui, aujourd'hui encore, renouvellent la passion [du Christ] dans leurs souffrances et dans la mort" (comme l'indique la prière introductive). Pour chaque tableau, un court extrait de la Bible est proposé pour mettre davantage de perspectives à l'étape du Chemin de croix que l'on découvre en dentelles. L'exposition est visible jusqu'au lundi 5 avril prochain inclus, en respectant évidemment les consignes sanitaires actuelles (15 personnes maximum dans l'édifice, désinfection des mains, masques et distances physiques avec les autres visiteurs). Une permanence sera assurée par une équipe de bénévoles, parmi lesquels Monique Caignet-Mortiaux, pour accueillir et répondre aux questions. "Ça m'intéresse de voir si ces tableaux peuvent aider à porter la prière", reconnaît l'artiste, un peu étonnée du petit succès de cette exposition.
AF de Beaudrap
