Ce que le catholicisme de Joe Biden va changer dans le dialogue entre le Saint-Siège et Washington


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Ce que le catholicisme de Joe Biden va changer dans le dialogue entre le Saint-Siège et Washington
CC-BY-SA 2. 0
Par Cath.ch
Publié le - Modifié le
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Le 20 janvier 2021 Joe Biden prêtera serment à 18h. Il succédera à Donald Trump, en devenant le 46e président des Etats-Unis d’Amérique. La présidence du nouveau chef d’Etat, démocrate et catholique, pourrait donc améliorer significativement les relations qu’entretient son pays avec le Vatican. C’est ce qu’estime l’historien des religions, Massimo Faggioli, dans un essai publié le 20 janvier dernier.

Dans un de ses derniers discours de campagne électorale, Joe Biden citait la troisième encyclique du pape François, Fratelli tutti, alors fraîchement parue. Selon Massimo Faggioli*, l’appel téléphonique de félicitations du pape François à Joe Biden le 12 novembre 2020 a ouvert un nouveau chapitre. Certes, le geste n’est pas nouveau: le 12 novembre 2008, Benoît XVI avait aussi appelé Barack Obama pour le féliciter. Mais l’appel du pontife argentin est arrivé dans un contexte électoral tumultueux, alors que les résultats n’avaient pas encore été admis par le président sortant.

Contrairement aux précédents candidats catholiques à la présidence américaine (Al Smith, Kennedy et John Kerry), Joe Biden parle de sa religion en public sans craintes ni tabou, souligne l’historien. Le 46e président américain se démarque par sa dévotion et son goût pour la tradition chrétienne: il assiste régulièrement à la messe du dimanche, garde toujours dans sa poche ou à son poignet les chapelets qui appartenaient à son fils Beau, décédé en 2015.

"Une foi témoignée plus que proclamée"

Comme la plupart des démocrates catholiques américains, Biden adopte néanmoins une position assez libérale sur la question de l’avortement, changeant par exemple d’avis sur l’"amendement Hyde" qui, depuis 1976, empêche l’utilisation de fonds fédéraux pour financer les services d’avortement. Il a été élu comme candidat d’un parti ambivalent où, d’une part, le nombre de "non-affiliés religieux" continue de croître et, de l’autre, l’âme du progressisme religieux américain refait surface. D’ailleurs, la proportion des catholiques américains qui ont voté pour lui n’est que de 54% selon l’Institut Gallup.

Il n’est pas rare de trouver dans ses discours des références à sa religion, à la Bible ou des mentions faites au pape. Lors de son premier discours après son élection, par exemple, il a conclu par une référence à On Eagle’s Wings, l’un des chants d’Eglise les plus populaires du catholicisme post-conciliaire, dérivé du psaume 91. Massimo Faggioli résume la foi de Biden ainsi: "C’est une foi populaire, avec des traits pop: plus Stephen Colbert et Bruce Springsteen que Jacques Maritain et Thomas Merton." A des années-lumière du "néo-catholicisme fondamentaliste et des ghettos dorés de l’élite catholique, selon l’historien italien, Biden incarne un catholicisme à la fois œcuménique et traditionnellement dévot fondé sur une théologie de la vulnérabilité et la résilience face à l’adversité".

La confession religieuse de Biden fait de lui une figure culturellement réconciliable avec de nombreux Américains qui pourraient être plus conservateurs, estime Massimo Faggioli. En tant que président et en tant que catholique, le natif de Scranton (Pennsylvanie) est confronté à une opposition religieuse qui est le berceau de l’opposition catholique nord-américaine au pape François. Dès les premiers jours qui ont suivi l’élection, la nouvelle d’un deuxième président catholique a été reçue de manière mitigée par l’Eglise américaine. La conférence épiscopale américaine s’est réunie à la mi-novembre et en a profité pour envoyer des signaux hostiles au nouveau président, au point de créer une commission épiscopale chargée d’examiner le problème posé par un catholique "pro-choix" (pour l’avortement) à la Maison Blanche.

Joe Biden et le pape François

Présent au premier rang lors de la visite du pape François et de son discours historique devant l’assemblée du Congrès, à Washington, le 24 septembre 2015, Joe Biden n’a jamais caché sa sympathie pour le pontife argentin. Les deux hommes sont depuis restés en très bons termes. A l’issue du congrès qui s’est tenu le 29 avril 2016 dans la Salle Paul VI, au Vatican, le vice-président américain a remercié le pape François pour le temps "généreux" accordé à sa famille lors de sa visite à Philadelphie en septembre 2015, alors qu’il venait tout juste de perdre son fils de 46 ans, emporté par un cancer. "Avec ses mots, sa prière, sa présence, il nous a apporté un vrai réconfort", déclarait Joe Biden.

Cath.ch

Catégorie : International

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