Commentaire de l’évangile du 4e dimanche de l’Avent B : Le sanctuaire que Dieu aime


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Commentaire de l’évangile du 4e dimanche de l’Avent B : Le sanctuaire que Dieu aime
Par Angèle Mamuza
Publié le - Modifié le
2 min

Pour un jeune couple, disposer d’une maison a une fonction symbolique importante. C’est bénéficier d’un "chez soi", d’un lieu où fonder son foyer, où faire grandir sa famille. Or, nous le savons, pour beaucoup de nos contemporains, se loger reste un défi de grande envergure. Les rues de nos villes nous donnent de rencontrer des hommes et des femmes qui n’ont pas de toit au-dessus d’eux. Les forêts qui longent nos autoroutes hébergent désormais des migrants en transit n’ayant plus de "chez eux" et espérant trouver une terre hospitalière. Le thème de la maison est présent dans la bible. A l’aube de la première Alliance, Abram quittera son pays, sa parenté et la maison de son père, pour aller là où Dieu le conduira.David s’indignera auprès de Nathan que l’arche d’alliance soit encore sous la tente alors que lui réside désormais dans un palais. Quant à Jésus, il affirmera que le fils de l’homme n’a pas une pierre où reposer la tête. Au-delà de la construction, le terme ‘maison’ signifie également la famille, la lignée. C’est de la maison de David que viendra le Messie tant attendu.

A travers l’histoire de l’Eglise, les croyants ont bâti pour Dieu des cathédrales et de nombreux édifices prestigieux, des églises splendides concentrant toute l’ingéniosité des architectes et la créativité des artistes. Mais, les lectures de ce dimanche nous interrogent sur ce qui plaît vraiment au Seigneur: quel est le temple qui lui convient? dans quel sanctuaire aime-t-il nous rencontrer?

Luc nous rapporte cette étonnante visite du messager de Dieu à l’humble fille de Nazareth. Elle n’a rien à faire valoir, Marie; elle n’a aucune notabilité. Elle habite un village méconnu et ne peut revendiquer aucune destinée prestigieuse. Et pourtant, c’est à sa porte que Dieu vient frapper. C’est de son humble corps de jeune fille qu’il veut faire son plus beau sanctuaire. C’est sur sa disponibilité et sa foi qu’il veut s’appuyer pour son œuvre aux accents de nouvelle création. Comme à l’origine, l’Esprit planait sur les eaux, il a couvert Marie de son ombre. Oui, l’inouï se produit, la maison que Dieu se choisit, c’est l’humanité. Il n’a que faire des temples de pierres mais il quémande l’hospitalité du cœur humain. Loin de se laisser enfermer dans des murs robustes, il fait mouvement vers les hommes et il rejoint l’humanité dans la fragilité la plus grande pour lui révéler sa véritable dignité. Une aube nouvelle se lève!

Abbé Pascal ROGER

Doyen d'Arlon


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