Les populations de mammifères, d’oiseaux, d’amphibiens, de reptiles et de poissons affichent un déclin de 68% depuis 1970. C'est l'un des constats inquiétants à lire dans le Rapport Planète Vivante 2020 du WWF, rendu public ce lundi 14 septembre. L'objectif est donc, dans les années à venir, d'infléchir la courbe de perte de biodiversité, indispensable à notre vie sur Terre.
Les changements provoqués par l’homme sont si importants que de nombreux scientifiques pensent que nous entrons dans une nouvelle ère géologique où l'influence de l'activité humaine est devenue prépondérante et influe sur l'évolution globale du vivant : l’Anthropocène.
Au cours des cinquante dernières années, l’explosion du commerce mondial et de la consommation, ainsi que la forte croissance de la population humaine et un gigantesque mouvement d’urbanisation ont métamorphosé notre monde. Ces évolutions ont entraîné une dégradation de la nature et une surexploitation des ressources naturelles sans précédent. Si mesurer la biodiversité, la variété de tous les êtres vivants, demeure complexe, et il n’existe pas de mesure unique qui puisse saisir tous les changements. Néanmoins, la grande majorité des indicateurs montre un déclin net au cours des dernières décennies.
Des mesures collectives
L’Indice Planète Vivante 2020 mondial montre toutefois un déclin moyen de 68 % des populations de mammifères, d’oiseaux, d’amphibiens, de reptiles et de poissons suivies entre 1970 et 2016. Les variations des populations d’espèces sont un indicateur majeur de la santé globale des écosystèmes.
En mettant l’accent, comme jamais auparavant, à la fois sur la conservation de la nature et la transformation de notre système alimentaire moderne, nous
pourrons élaborer une feuille de route pour restaurer la biodiversité tout en nourrissant une population humaine croissante, avance néanmoins le rapport.
Mais, pour ce faire, nous devrons tous faire preuve d’un leadership fort et prendre des mesures collectives. La conservation du vivant devra être un investissement stratégique non négociable pour préserver notre santé, notre richesse et notre sécurité, insiste les auteurs du rapport.
Depuis quelques décennies, le changement d’utilisation des terres, principalement la conversion d’habitats vierges en systèmes agricoles, constitue la cause directe la plus importante de perte de biodiversité terrestre.
Disparités géographiques
Cette perte de biodiversité n’est pas qu’un problème environnemental, c’est également un problème de développement, d’économie, de sécurité mondiale, d’éthique et de morale. C’est aussi une question de survie. La biodiversité joue un rôle primordial en nous procurant nourriture, fibres, eau, énergie, médicaments et autres matériels génétiques. Elle est aussi essentielle à la régulation de notre climat, de la qualité de l’eau, de la pollution, des services de pollinisation, de la lutte contre les inondations et les tempêtes.
Toutefois, le rapport montre que la vitesse de déclin de la biodiversité diffère entre régions du monde. L’IPV mondial (indice de perte du vivant) ne nous donne pas une image complète : il existe des différences dans les courbes d’abondance entre régions, les plus forts déclins étant observés dans les zones tropicales. Mais il est un fait que la biodiversité d’eau douce diminue bien plus rapidement que celle des océans ou des forêts. Par exemple, les grands poissons sont fortement impactés par la construction de barrages qui bloquent leurs voies migratoires,
les empêchant de rejoindre leurs zones de frai (reproduction) et d’alimentation.
Le sol abrite également l’un des plus grands réservoirs de biodiversité sur Terre : jusqu’à 90 % des organismes vivants dans les écosystèmes terrestres. Sans la biodiversité des sols, les écosystèmes terrestres risqueraient de s’effondrer. Le monde végétal est également impacté ainsi que les insectes.
Comment agir?
Le rapport présente les différents scénarios possibles à mettre en oeuvre pour redresser la courbe, qui peuvent tout à fait être combinés.
1. Le scénario d’intensification des efforts de conservation (C) prévoit une augmentation de l’étendue et une amélioration de la gestion
des zones protégées, ainsi qu’une planification accrue de la restauration et de la conservation à l’échelle du paysage.
2. Le scénario d’une production plus soutenable (efforts tournés vers l’offre ou SS) mise sur l’augmentation de la soutenabilité en fréquence et en intensité, à la fois sur la productivité agricole et le commerce des biens agricoles.
3. Le scénario de consommation plus soutenable (efforts tournés vers la demande ou DS) réduit le gaspillage des produits agricoles de la fourche à la fourchette et inclut un changement de régime alimentaire avec une baisse de la consommation de protéines animales dans les pays où la consommation de viande est importante
Tout est lié
Le rapport planète vivante 2020 parait à un moment où le monde est en plein bouleversement mais son message clé, lui, demeure inchangé depuis plusieurs décennies : la nature, notre assurance-vie, décline à un rythme effarant. Nous savons désormais que la santé des êtres humains et celle de notre
planète sont interdépendantes ; les incendies qui ont décimé les forêts d’Australie l’an passé et la pandémie actuelle de COVID-19 l’ont encore démontré.
Le rapport veut mettre en avant que tout est lié ; pour que les humain soient en bonne santé, la planète doit aussi rester un espace sain pour toutes formes de vivant. Ainsi, la protection et l’amélioration de notre environnement doivent être au cœur de la manière dont nous atteignons la prospérité économique.
Lire le Rapport Planète Vivante 2020 dans son intégralité
S.D.
Illustrations: pixabay CCO

Les populations de mammifères, d’oiseaux, d’amphibiens, de reptiles et de poissons affichent un déclin de 68% depuis 1970. C'est l'un des constats inquiétants à lire dans le Rapport Planète Vivante 2020 du WWF, rendu public ce lundi 14 septembre. L'objectif est donc, dans les années à venir, d'infléchir la courbe de perte de biodiversité, indispensable à notre vie sur Terre.