Le Mali retrouvera-t-il la paix ?


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Le Mali retrouvera-t-il la paix ?
Cathédrale de Bamako (Mali) CC-BY - 2.0 Upyernoz
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le
2 min

Un nouveau plan de sortie de crise a été proposé par les chefs d’États d’Afrique de l’ouest pour résoudre les manifestations violentes de l’opposition au Mali. L’Eglise se dit prête à remplir le rôle de médiateur.

La situation évolue très vite, presque d’heure en heure, au Mali. Lundi 27 juillet, un sommet entre dirigeants des pays ouest-africains s’est réuni par écrans vidéo interposés. Lors de cette rencontre virtuelle entre les quinze dirigeants de la Cédéao (Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest), un appel a été lancé à tous les Maliens pour s’entendre dans le cadre d’une "Union sacrée" afin de trouver une sortie de crise.

Les tensions qui peuvent s’avérer meurtrières durent depuis plusieurs semaines. Les manifestations prennent la forme de marches de protestation contre la mal-gouvernance et la corruption. Plus précisément, les protestations ont commencé après que la Cour constitutionnelle a invalidé, fin avril, l'élection de 30 députés de l'opposition. Selon les spécialistes comme Caroline Roussy, de l’Iris (Institut de relations internationales et stratégiques), cette décision politique a "achevé de dissoudre les liens de confiance entre la population, le président et l’intégrité des institutions maliennes". L’opposition s’est alors alliée avec un imam influent et respecté, Mahmoud Dicko. Le mouvement ainsi créé demande la dissolution du Parlement, la formation d'un gouvernement de transition dont il désignerait le Premier Ministre ainsi que le remplacement des neuf membres de la Cour constitutionnelle accusés de collusion avec les autorités.

A l’inverse le plan de sortie de crise au Mali présenté aux dirigeants de la Cédéao et adopté par eux lundi 27 juillet prévoit notamment le maintien au pouvoir du président Ibrahim Boubacar Keita. La Cédéao demande également la démission des 31 députés dont le vote est controversé et l’organisation des élections législatives partielles. Ce programme qui devrait, selon la volonté des leaders ouest-africains, être mis en place sous 10 jours, permettrait de ne pas déstabiliser la région du Sahel où règne déjà la menace djihadiste.

Dans ce climat tendu, l’Eglise peut-elle jouer un rôle pacificateur ? Dans un entretien accordé à l'Agence Fides, le Cardinal Zerbo, Archevêque de Bamako, avait souligné : "à nous religieux ne restent que le choix entre deux comportements : être des sentinelles et agir comme des médiateurs afin de favoriser le dialogue et le retour au calme". Suite aux manifestations particulièrement violentes de la mi-juillet, la voix du Cardinal Zerbo s'est unie à celle des autres principaux responsables religieux du Mali qui ont lancé un appel commun à la pacification.

AF de B. (avec la Croix / Fidès / France 24)

Catégorie : International

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