
Photo par Messan Edoh
Nous nous faisons l’écho aujourd’hui d’une petite ONG située à Lomé, capitale du Togo. Cette organisation, "Action collective contre la pauvreté", a été créée en 2016 par un groupe de citoyens choqués par le sort des enfants togolais. En 2010, une enquête nationale sur le travail des enfants mettait au jour une réalité troublante: environ 700.000 enfants âgés entre 5 et 14 ans sont engagés dans une activité économique. En 2019, l’ONU interpelle les dirigeants togolais, car la situation ne s’améliore pas. L’ACCP, consciente de cet état de fait, a décidé de mettre sur pied deux actions distinctes, mais qui font sens. La première consiste à recenser un millier d’enfants non déclarés à leur naissance auprès des autorités. Ceux-ci n’ont aucune existence légale et peuvent devenir plus facilement les victimes de personnes malveillantes. La seconde vise à extirper une trentaine d’enfants du monde du travail. L’association est bien consciente que le revenu de ces jeunes est un complément financier pour leurs familles, et qu’il faudra le pallier. Une partie de cette main-d’œuvre à bas prix a été abandonnée dans la rue par leurs parents et doit survivre par ses propres moyens. Pour cette action, les enfants seront totalement pris en charge pendant un an. Ils recevront un kit d’hygiène, des tenues pour leur retour à l’école, deux repas par jour et leur inscription auprès d’un établissement scolaire avec paiement des frais. Pour les enfants errants, ils seront assignés à des familles d’accueil qui pourront veiller sur eux. L’association a également mis en place un programme de microcrédit au taux 0% pour les familles, et cela afin de les soutenir dans la mise en place d’activités génératrices de revenus. Cette ONG est jeune, mais elle s’attaque à un système qui prend pour cible les plus fragiles d’entre nous: les enfants.

