Les deux prochains dimanches, la messe TV sera à nouveau retransmise depuis les studios Keywall de la RTBF. Pour ceux qui sont devenus des fidèles de la messe télévisée suite à la pandémie de coronavirus, les noms de Emmanuel Clacens et Jasmine Daoud sont désormais connus. Deux habitués du diocèse de Namur, parmi d'autres.
"Lors d'un direct, l'ambiance est particulière, commente Emmanuël Clacens. Tu es informé du temps qu'il reste avant l'antenne, 10 minutes, 5 minutes et puis il y a les dernières secondes: 10, 9, 8... A ce moment, tu te dis que tu ne peux plus reculer! Que tu rentres dans l'arène!'' Un trac que cet habitué des concerts, des récitals connaîtra encore les dimanches 24 et 31 mai prochains.
Ces deux dimanches, la réalisation des messes télévisées reviendra à la Belgique et aux équipes de la RTBF. Impossible - depuis plusieurs semaines déjà - de se rendre, comme c'est le cas au fil des dimanches, dans les églises paroissiales. Il a fallu faire preuve d'imagination en prévoyant des retransmissions, en direct, depuis des studios.
En France, ce sont les Dominicains qui se prêtent à cet exercice. En Belgique, l'équipe des messes télévisées s'est installée à Charleroi dans les studios de Keywall. C'est là que, chaque jour, les bulletins météorologiques sont enregistrés. Particularité du lieu: tout y est vert! Et c'est sur ce fond qu'un décor est projeté. Lors de la première diffusion, le choix s'était porté sur un fond très coloré comme si des vitraux animaient les lieux. Pour la météo, on projette des cartes devant lesquelles les présentateurs évoluent.
Déconcertant
Particularité que ce soit les présentateurs météo ou le célébrant de la messe comme le lecteur, l'organiste et la soprano aucun ne voit le décor. Ils évoluent donc dans le vert... Des points de repères sont placés au sol. Jasmine Daoud comme Emmanuël Clacens le reconnaissent, c'est un rien déconcertant! Les trois heures de répétition, la veille de chaque direct, aident chacun à trouver ses marques.
Coronavirus oblige, il faut aussi respecter les distances entre les différents acteurs. Emmanuël Clacens et Jasmine Daoud ensemble à la ville comme à la scène. La prestation des Namurois, c'était déjà le 24 avril dernier, a séduit. Jasmine Daoud: ''J'ai reçu entre 200 et 250 mails, des messages aussi sur Facebook. Ils venaient de partout surtout de France mais aussi de Martinique, de La Réunion, de Guyane... Dans les messages, un était signé d'un Libanais chrétien.'' Des spectateurs conquis par sa voix. Emmanuël Clacens a lui aussi convaincu, il a juste été invité par les mêmes spectateurs... à sourire un peu plus! Emmanuël Clacens: ''Je suis tellement concentré mais c'est promis, je vais faire un effort.'' Un musicien qui, pour l'occasion, joue sur un orgue portatif bien loin de l'orgue imposant de la cathédrale.
Ce dimanche 24 mai, un nouveau visage fera son apparition au côté de Jasmine Daoud, Guillaume Houcke, contre-ténor. Des pièces classiques seront encore reprises. Pour les autres chants, c'est un choix en équipe. Un échange entre les artistes et le frère Didier Croonenberghs, dominicain, responsable pastoral et liturgique des messes radio (sur la Première) et télévisées (sur la Deux et France 2) qui préside ces célébrations. Mélanie Godefroid sera, une nouvelle fois, chargée des lectures. Une Namuroise qui assiste les prêtres, les chorales chargées de la messe lors des retransmissions en Belgique. Bertrand, son mari, étant la voix off de ces retransmissions.
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