En ce deuxième dimanche de Pâques, où nous fêtons la fête de la Divine Miséricorde instaurée par le pape saint Jean-Paul II en 2000, la célébration eucharistique a été célébrée en privé, dans les studios de la RTBF. Dans son homélie, le frère Didier Croonenberghs op, a rappelé que la confiance des croyants n’est en rien de la naïveté, mais qu'au contraire elle permet de regarder les épreuves avec courage et lucidité, avec une joie profonde, malgré les difficultés que nous endurons.
En cette période de confinement, où les célébrations liturgiques ne peuvent se dérouler qu'en privé, c'est depuis les studios de la RTBF chez Keywall, que le frère Didier Croonenberghs op a présidé la célébration retransmise sur La Une et sur France 2, dans l'émission "Le Jour du Seigneur". Si les messes en studio ont déjà eu lieu dans le passé, ce qui nécessitait une lourde organisation, la messe de ce dimanche a constitué en quelque sorte une "première" puisqu'elle a été filmée dans un décor virtuel.
Pas de quoi se réjouir pourtant puisque nous ne pouvons toujours pas célébrer l'eucharistie en communauté. Présidée par le frère Didier Croonenberghs, qui a assuré également l'homélie, cette messe aurait dû se tenir en l'église Saint Martin à Horrues, dans la province du Hainaut . Précisons que la célébration a été aussi diffusée en radio, sur La Première.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu!
L'évangile du jour (Jn 20, 19-31), parle de la venue de Jésus, après sa mort et sa résurrection, au milieu de ses apôtres. Un de ceux-ci est absent la première fois: Thomas (dont le nom signifie "jumeau"). La suite, les croyants la connaissent: lorsque ses amis lui disent que Jésus leur est apparu, il refuse de croire s'il ne constate pas de visu les plaies du Christ… ce qu'il fera par la suite et qui fait dire à Jésus: "Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu!"
Pour le frère Didier, Thomas est vraiment notre frère, notre 'vrai jumeau' à tous, "au sens où il arrive un peu en retard… Non pas qu’il y ait des problèmes de ponctualité chez chacun de nous, mais parce qu’il est - comme nous tous - en retard sur l’événement qui surpasse tous les événements."
"Dans l’évangile de Jean, le Ressuscité se montre et envoie l’Esprit en un même moment! Et cependant… il y en a un qui manque à l’appel: Thomas et avec lui toutes les générations suivantes de chrétiens. Il est donc notre jumeau, l’image de ceux qui cherchent des preuves, des raisons de croire…", a déclaré le frère Didier Croonenberghs op.
Et le dominicain d'ajouter: "Comme Thomas, nous voudrions voir, savoir, comprendre... toucher même. C’est d’ailleurs une des envies les plus humaines qui soit, en particulier en ce temps où, pour beaucoup, la distance est difficile à tenir (…). Ce temps de confinement et de distance sociale nous confronte à un tel besoin de proximité, réelle, concrète, attentive et non virtuelle…" Il a ensuite rappelé que le tombeau vide au matin de Pâques, devient le lieu d’une annonce. "L’humain est ainsi fait qu’il peut - en faisant des deuils féconds - découvrir une réelle proximité, malgré la distance, une présence intime, malgré les apparences."
La confiance des croyants n’est en rien de la naïveté
Et d'insister sur le fait que si nous souhaitons parfois avoir des preuves et ranger la foi dans le champ du savoir, "le Christ Ressuscité nous laisse avec cette béatitude ultime: Heureux ceux qui croient sans avoir vu". Pour lui le chemin de tout vrai croyant est de quitter ses sécurités, sa recherche de signes, quitter ses croyances pour entrer dans la confiance.
"Cette confiance des croyants n’est en rien de la naïveté, de la crédulité dont on pourrait facilement se moquer. Une telle confiance permet de regarder les épreuves avec courage et lucidité, avec une joie profonde, malgré les difficultés que nous endurons. (…) Seule une telle confiance permet dès lors de vérifier notre foi, de partager cette énergie, ce. souffle de vie et de paix qui sommeille au fond de chacun de nous. Seule la confiance permet d’attester par des signes concrets la présence du Ressuscité. C’est dès lors à nous d’avoir, comme Lui, des paroles qui créent de la paix. C’est à nous de mettre dans notre vie, même à distance, du souffle pour revigorer, revitaliser celles et ceux qui n’en peuvent plus."
Et de conclure: "L’évangile n’est pas crédible parce qu’il nous fournirait des preuves. L’évangile est digne de foi justement parce qu’il n’en donne pas, mais qu’il peut s’attester dans notre vie.
Voilà la mission qui nous est confiée. Alors…"Heureux ceux qui font confiance, sans preuve."
Merci à la RTBF qui retransmet les messes en radio et en télévision, chaque dimanche. Un merci particulier en ce 2e dimanche de Pâques, puisque la messe a été célébrée en direct depuis les studios de la RTBF (où sont également enregistrées les émissions "En quête de sens – Il était une Foi"). Grâce à cette retransmission en direct, les fidèles ont pu être "en communion" et en union de prières, par l'intermédiaire de la radio et de la télévision.
J.J.D.


