
(c) World Economic Forum 2012
Le Pape François a adressé un message au président exécutif du Forum de Davos, Klaus Schwab. La lettre lui sera remise par le cardinal Peter Turkson, préfet du Dicastère pour le Service du Développement humain intégral, qui représente le Saint-Siège pour ce sommet dont le thème sera : un monde rassembleur et durable.
Du 21 au 24 janvier, des dirigeants influents du monde entier (mais aussi les plus grands leaders mondiaux de la politique, de l'économie, de la société civile, de la science, des médias et des arts) se réuniront à Davos, en Suisse, à l'occasion de la Réunion Annuelle 2020 du Forum Économique Mondial.
Près de 3 000 participants issus de 117 pays dont 53 chefs d'État - parmi lesquels le président américain Donald Trump et la chancelière allemande Angela Merkel - participent à cette 50e Réunion Annuelle pour réfléchir à un "monde rassembleur et durable". L'objectif étant de surmonter les inégalités de revenus, la division de la société et la crise climatique.
La réunion se concentrera sur six domaines d'activité essentiels : l'écologie, l'économie, la société, l'industrie, la technologie et la géopolitique. Ces sujets seront abordés à travers quelques 400 sessions différentes.
Une seule et même famille
Le Pape se réjouit de voir dans ce Forum un espace dans lequel «la volonté politique et la coopération mutuelle peuvent être guidées et renforcées pour surmonter l’isolationnisme, l’individualisme et la colonisation idéologique qui, malheureusement, caractérisent trop souvent le débat contemporain».
Face aux bouleversements géopolitiques comme aux changements qui affectent l’économie et le monde du travail, notamment avec l’apport de la technologie numérique, «la considération primordiale, à ne jamais oublier, est que nous sommes tous membres d'une seule et même famille humaine, précise François. L'obligation morale de prendre soin les uns des autres découle de ce fait, tout comme le principe corrélatif qui consiste à placer la personne humaine, plutôt que la simple poursuite du pouvoir ou du profit, au centre même de la politique publique».
Le Pape martèle qu’il est donc «nécessaire d'aller au-delà des approches technologiques ou économiques à court terme et de prendre pleinement en compte la dimension éthique dans la recherche de solutions aux problèmes actuels ou dans la proposition d'initiatives pour l'avenir».
Le développement ne se construit que dans le respect des personnes
Dénonçant l’écueil d’un matérialisme parfois insidieux, et même parfois totalement assumé, François rappelle que le «développement humain vraiment intégral ne peut s'épanouir que si tous les membres de la famille humaine sont inclus dans la poursuite du bien commun et y contribuent. Dans la recherche d'un véritable progrès, n'oublions pas que piétiner la dignité d'une autre personne, c'est en fait affaiblir sa propre valeur.»
Il insiste aussi sur la notion d’écologie intégrale, mise en avant dans son encyclique Laudato Si’. Ce document magistériel met en avant la responsabilité éthique de chacun et, a fortiori, la responsabilité de chaque décideur économique, dans le soin à apporter à la maison commune, et donc dans le respect dû à l’environnement et à chaque personne.
Le Pape conclut donc son message en espérant «que les participants au Forum d'aujourd'hui, et à ceux qui se tiendront à l'avenir, garderont à l'esprit la haute responsabilité morale que chacun d'entre nous a de rechercher le développement intégral de tous nos frères et sœurs, y compris ceux des générations futures. Que vos délibérations conduisent à un accroissement de la solidarité, en particulier avec ceux qui sont le plus dans le besoin, qui subissent l'injustice sociale et économique et dont l'existence même est menacée», exhorte-t-il avant d’adresser sa bénédiction aux participants.
des centaines d’organisations de la société civile réitèrent la condamnation du partenariat entre le secteur privé et l’ONU.
Alors que les dirigeants d’entreprises se rendent à Davos pour les réunions annuelles du Forum économique mondial, plus de 400 organisations de la société civile et 40 réseaux internationaux ont dénoncé l’accord de partenariat stratégique conclu entre le FEM et l’ONU et ont appelé le Secrétaire général des Nations Unies (ONU) à y mettre fin.
Le cri de la société civile
Parallèlement, des centaines d’organisations de la société civile réitèrent la condamnation du partenariat entre le secteur privé et l’ONU. Alors que les dirigeants d’entreprises se rendent à Davos, plus de 400 organisations de la société civile et 40 réseaux internationaux ont dénoncé l’accord de partenariat stratégique conclu entre le FEM et l’ONU. Ils ont appelé le Secrétaire général des Nations Unies à y mettre fin car "le partenariat accorde aux sociétés transnationales un accès préférentiel et différentiel au système des Nations-Unies, aux dépens des États et des acteurs de l’intérêt public". Cet 'accès préférentiel' viendrait saper le mandat de l’ONU ainsi que son indépendance, son impartialité et son efficacité dans la responsabilisation des entreprises. Bien que l’ingérence des entreprises dans le système des Nations-Unies ne soit pas inhabituelle, l’ONU deviendrait associée de manière permanente aux sociétés transnationales selon les nouveaux termes du partenariat entre l’ONU et le FEM. À long terme, cela permettrait aux dirigeants d’entreprises de devenir des conseillers « sursurrant » auprès des responsables des départements du système des Nations-Unies, avertissent les signataires de la lettre ouverte publiée en septembre 2019. Selon Sofia Monsalve, Secrétaire générale de FIAN International, "le FEM représente les intérêts de ceux qui détruisent l’environnement et violent nos droits humains. Il ne peut pas être considéré comme un partenaire stratégique dans la résolution des crises mondiales ".
Source: VaticanNews, World Economic Forum, Entraide et Fraternité
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