Lors des traditionnels vœux de Noël dans le diocèse de Liège, le vicaire général Alphonse Borras s'est attardé sur cet enfant de la crèche, "ce Jésus dont toute la vie sur terre a été une célébration de la proximité de Dieu, de son Règne et de sa souveraineté d’amour."
Comme chaque année, à pareille époque, les collaborateurs et collaboratrices au sein de la curie diocésaine étaient réunis hier soir pour échanger des vœux d’un joyeux Noël et de bonne année 2020! Dans son allocution, le vicaire général du diocèse, l'abbé Alphonse Borras a d'abord rappelé être arrivé au bout d’une année civile qui, dans le diocèse, a vu se poursuivre les chantiers en cours autant que la mission individuelle et collective: "la Bonne Nouvelle qui nous fait témoigner de la vie et de sa dignité, dans l’enfant à naître comme chez les personnes confrontées à la souffrance au terme de leur existence, l’attention aux migrants qui nous conduit aux exigences de la fraternité et à des engagements solidaires, au-delà de tout repli égoïste, la préoccupation d’une Eglise en transition soucieuse d’une écologie intégrale, le souci d’une présence en milieu scolaire et celui d’un cours de religion pour apprendre à dialoguer avec nos contemporains, l’accompagnement des Unités pastorales pour les rendre plus sensible à la communication de l’Evangile, leur raison d’être principale, le renouveau catéchétique nourri de la conviction que la résonance de la Parole de Dieu peut susciter une expérience de foi, le chantier « Objectif 2020 » qui conduit à avancer dans l’intégration économique et financière des Unités pastorales, etc. "
Et de poursuivre: "La fin de l’année civile nous offre immanquablement une période de l’année qui a pour le moins la vertu de nous enchanter. Mais cet enchantement – nous le savons – peut être trompeur ou illusoire. Ce serait dommage, en effet, de réduire Noël à un évènement commercial, au romantisme autour d’un nouveau-né, ni même à une fête religieuse. Noël, cela a à voir avec notre humanité, avec notre condition humaine, avec notre chair, avec notre corps charnel mais aussi avec nos corps sociaux."
Un Dieu qui nous apprend à assumer notre finitude
Rappelant que Noël célèbre la naissance de Jésus "dont toute la vie sur terre a été une célébration de la proximité de Dieu, de son Règne et de sa souveraineté d’amour", le vicaire général a jugé que la singularité de son existence révèle et se révèle d’une portée universelle. Un Jésus très concret qui n’a pas été une abstraction, pour l'abbé Borras. "Jésus nous révèle un Dieu qui s’inscrit dans notre finitude. Devant l’enfant de la crèche et le supplicié de la croix, nous ne pouvons que nous émerveiller d’un Dieu qui nous apprend à assumer notre finitude, notre particularité et notre singularité."
Pour le vicaire général de la Cité ardente, "venir auprès de l’enfant de la crèche, c’est entamer un chemin qui va nous apprendre à abandonner tous nos rêves de puissance, les illusions et les mirages du pouvoir, les tentations d’omniprésence, voire la toute-puissance : celle de tout maitriser, de tout contrôler, de tout dominer". Pour lui, la toute-puissance est une maladie, dont le stade le plus avancé est l’abus de pouvoir qui se traduit dans des comportements autoritaires et de dépassement des limites. Et de souligner que le pape François parle des abus sexuels, de conscience et de pouvoir...
L'abbé Alphonse Borras a conclu son allocution comme suit: "Un Dieu qui s’inscrit dans notre finitude est le seul qui puisse intéresser notre humanité parce qu’à partir de nos finitudes spatiale, temporelle et existentielle il nous apprend à vivre en vérité avec nous-mêmes et avec autrui. Un Dieu qui s’inscrit dans notre finitude est celui qui ouvre une espérance. Paradoxale espérance qui nous vient d’un petit enfant qui sera plus tard le supplicié de la croix. C’est le réalisme de l’incarnation qui nous conduit à humaniser ce monde."
Il a encore précisé qu'en 2020, les chantiers en cours vont se poursuivre, en particulier dans la dynamique de la lettre pastorale de Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, « Va vers le pays que je te montrerai ! ».
J.J.D.

