Dans l'homélie qu'il a prononcée à l'occasion des célébrations de Noël, le cardinal Jozef De Kesela rappelé combien la fête de la Nativité ne peut pas nous inviter à demeurer indifférents aux autres.
D'emblée, le cardinal De Kesel a mis en avant le constat que la fête de Noël touche encore tant de monde, que l’on soit croyant ou non, ce qui est frappant dans notre société sécularisée. "Elle fait vibrer en chacun de nous une corde sensible. C’est comme si, à ce moment, nous nous souvenions de ce qui est important dans la vie", a-t-il déclaré, ajoutant que "si les valeurs que la fête de Noël remet chaque année en évidence venaient à disparaître, le bonheur serait absent et le sens de notre vie est compromis."
Et de poursuivre: "Mais en même temps nous sommes aussi bien conscients que cette solidarité ne peut ne se limiter au seul cercle de nos proches. (…) Beaucoup de gens en effet ne connaissent pas ce climat intime de Noël parce qu’ils sont pauvres, âgés, exilés ou étrangers. Beaucoup ont l’impression qu’ils en sont exclus progressivement ou qu’ils n’en font tout simplement plus partie." Pour le cardinal, ce n'est donc pas un hasard"si l’Action Vivre Ensemble nous invite à fêter Noël dans l’authenticité. Pas un hasard non plus si des médias nous sensibilisent à la pauvreté chez les enfants par la semaine Viva for life". Il estime que Noël nous aide à prendre conscience que nous ne pouvons pas demeurer indifférents à ce qui se passe en dehors.
L’angoisse est souvent mauvaise conseillère
"Pour celui qui est conscient de l’origine chrétienne de la fête de Noël et encore plus pour celui qui est chrétien, le sens de cette fête et le message qui en découle seront évidemment plus fort et plus intense", a poursuivi le président de la conférence épiscopale de notre pays, en précisant que Noël est l’incarnation de Dieu, l’humanité de Dieu. "C’est le fil rouge qui traverse toute la Bible et c’est le cœur de notre foi : Dieu n’est pas un Dieu indifférent. Il n’est pas l’être puissant et inatteignable qui se suffit à lui-même, mais un Dieu qui veut donner et partager, qui cherche à entrer en relation et se veut solidaire. Il veut être comme nous, semblable à nous, il veut partager notre existence avec toute son impuissance, tellement fragile et vulnérable comme sont les êtres humains."
Rappelant que Jésus est né dans la pauvreté, Il a été grand dans son humanité. "Cet appel à l’humanité et à la solidarité fait partie du sens chrétien de la fête de Noël. Il y a aujourd’hui beaucoup d’insécurité, parfois même de l’angoisse, dans notre pays mais aussi en Europe et ailleurs dans le monde. Insécurité aussi à propos de l’avenir de notre planète, la maison commune de tous les êtres humains. L’angoisse est souvent mauvaise conseillère. La tentation est alors grande de se replier sur le cercle familier pour y trouver la sécurité. Cela devient très vite chacun pour soi. C’est un état d’esprit qui conditionne petit à petit l’air du temps et qui ne réserve rien de bon, ni pour chacun de nous, ni pour la société.
Le cardinal a conclu en répétant que Noël est la fête de la solidarité et que "si Dieu a pris la peine de devenir homme pour nous et avec nous, c’est bien pour que nous soyons à notre tour homme avec et pour chacun. Nous devons nous opposer fermement à ce que le pape François appelle la globalisation de l’indifférence. Ce n’est pas ce qu’un homme peut réaliser pour lui-même mais bien ce qu’il peut signifier pour les autres qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue. C’est ainsi aussi que l’on honore Dieu, et ce n’est qu’ainsi que la paix vient sur terre."
J.J.D.
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