Te Deum: le cardinal De Kesel met en avant « notre humanité commune »


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Te Deum: le cardinal De Kesel met en avant « notre humanité commune »
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

En ce 15 novembre, la Belgique célèbre le fête de la Dynastie. Au cours du Te Deum organisé comme chaque année pour la circonstance, le cardinal Jozef De Kesel a pointé deux grands défis de notre temps à relever.

Comme le veut la tradition, lors de la fête du Roi, la journée a débuté par le Te Deum célébré à 10h, en la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles. Ensuite, une séance académique se déroulera dans l'hémicycle de la Chambre. Plusieurs discours sont prévus, notamment ceux des présidents de La Chambre et du Sénat et de la Première ministre. Au cours du Te Deum, le cardinal Jozef De Kesel, archevêque de Malines-Bruxelles et président de la Conférence épiscopale belge, a mis en avant deux défis qui, à ses yeux, se posent à notre société. Dans cet homélie le cardinal a précisé que la pauvreté et la cohabitation dans le respect de la diversité de chacun sont selon lui, les deux grands défis de notre temps. Dans la foulée des lectures bibliques, il a ainsi estimé que si celles-ci dataient de la fin du premier siècle de notre ère, ces paroles n’ont rien perdu de leur actualité. "Aussi différentes que puissent être nos convictions, elles font appel à une humanité qui nous est commune. Elles appellent aussi à la solidarité. Appel à ne pas rester indifférents pour ceux qui sont pauvres ou qui sont dans le besoin. Mise en garde contre une attitude de repli sur soi et d’une autosuffisance qui risque de devenir la tentation de toute une société. Mais en même temps un appel au respect de l’autre. Car il ne s’agit pas seulement d’aider le pauvre mais aussi de le respecter", a souligné le cardinal.

Le scandale de la pauvreté

Pour l'archevêque, il y a tout d'abord "le scandale de la pauvreté". "C'est encore le sort d'une grande partie de la population mondiale. Pauvreté croissante même dans les pays qui jusqu'à présent étaient parmi les plus riches, y compris ici. C'est un énorme défi, non seulement pour les politiciens, mais pour tous les citoyens. Et il y a aussi l'engagement continu envers une société inclusive où nous apprenons à vivre ensemble, même si nous sommes différents, pensons et croyons différemment. Mais où nous nous respectons et nous respectons les uns les autres dans cette diversité même. Il y a trente ans, le mur de Berlin est tombé. Les murs qui nous séparent peuvent être démolis.", a-t-il déclaré.

Plaidoirie pour la sécurité sociale

"Il y a beaucoup de peur et d'insécurité aujourd'hui", a poursuivi le président de la Conférence des évêques, ajoutant: "Beaucoup de gens ont le sentiment qu'ils n'en font pas partie, qu'ils ne comptent pas. Le sentiment de ‘ne pas être aimé, et donc de mieux se taire là d'où l'on vient", comme l'exprime Mohamed El Bachiri dans son dernier livre. Et il y a aussi la peur et l'incertitude en ce qui concerne le climat et l'avenir de notre planète." Le cardinal a ensuite plaidé pour le maintien de notre système de sécurité sociale. "En toute vérité, c'est une réalisation de la vraie civilisation. C'est un tampon contre la pauvreté et un barrage contre l'inégalité. Parce que cela reste notre tâche : faire en sorte que personne ne tombe sur le bord du chemin. Le niveau de civilisation humaine en dépend en fin de compte." En cette année qui a vu la princesse Elisabeth, première dans l'ordre de succession, accéder à la majorité lors de ses 18 ans, la fête de la Dynastie est placée sous le signe des princes héritiers. Ce thème a été choisi en concertation par le Palais et le parlement fédéral. Pour rappel, le chef de l'Etat n'est jamais présent à cette cérémonie. J.J.D./G.D.K Lire l'homélie intégrale du cardinal De Kesel © Photo: Service de presse Archidiocèse Malines-Bruxelles

Catégorie : Belgique

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