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Depuis un mois maintenant, Le Liban vit au rythme de la contestation populaire. Le premier ministre Hariri a démissionné depuis fin octobre mais la situation politique semble dans une impasse. Un rassemblement de soutien aux manifestants libanais est organisé ce 23 novembre à Bruxelles.
Petit retour en arrière. Le 21 octobre, ce sont près de 1, 5 million de personnes (1/4 de la population libanaise) qui manifestaient partout dans le pays mais surtout à Beyrouth, où une véritable marée humaine avait envahi les rues. Et le mouvement ne s'étiole pas.
Plusieurs manifestations, notamment à Tripoli, étaient encore programmées pour ce dimanche 17 novembre, avec pour nom "Dimanche des martyrs", en référence aux deux manifestants tués depuis le début du mouvement. Les photos et vidéos du corps sans vie d'un père de trois enfants, gisant dans une mare de sang, avaient rapidement fait le tour de la toile et suscité l'effroi.
Le soir même de son inhumation, le nom de Mohamad Safadi, riche homme d'affaires de 75 ans, ancien ministre des Finances, avait fuité dans la presse comme prochain Premier ministre, au terme d'un accord entre les divers partis au pouvoir. C'était sans compter la réaction de la rue qui a finalement poussé l'ex-ministre à faire un pas de côté.
Le mouvement de contestation avait déjà entraîné, fin octobre, la démission du Premier ministre Saad Hariri ; depuis lors, les protestataires réclament un gouvernement de technocrates, indépendants des partis au pouvoir et l'organisation d'élections législatives anticipées.
Immobilisme politique
La constitution d'un nouveau cabinet tarde à venir. La balle est en fait dans le camp du président Michel Aoun qui devrait procéder à des consultations parlementaires contraignantes, à l'issue desquelles il nommerait un nouveau Premier ministre. Mais ce dernier n'a toujours pas entrepris de démarche en ce sens, trois semaines après la démission de Hariri, et la rue s'impatiente. Or la situation économique et financière du Liban est très fragile et un tel immobilisme risque d'aggraver encore plus les choses.
En un mois de contestation, les banques ont ouvert seulement une semaine ; les mesures de contrôle sur les retraits ont été renforcées, mettant à mal la patience des clients. Ce lundi 18 novembre, elles seront d'ailleurs toujours fermées en raison d'une grève annoncée par le syndicat des employés du secteur.
L'ambassade américaine au Liban a notamment témoigné son soutien aux manifestants, via son compte Twitter. "Nous soutenons le peuple libanais dans ses manifestations pacifiques et ses démonstrations d'unité nationale".
Pour rappel, le 27 octobre déjà, le pape François avait adressé un message au peuple libanais. "J’envoie une pensée sincère au cher peuple libanais ; en particulier aux jeunes qui, dans les jours passés, ont fait sentir leurs cris devant les défis et les problèmes sociaux, moraux et économiques du pays. J’ incite tout le monde à rechercher les solutions dans la voie du dialogue ; et je prie la Vierge Marie, la Vierge du Liban afin qu’ avec le soutien de la communauté internationale, ce pays continue à être un espace de convivialité pacifique, de respect de la dignité et de la liberté de chaque personne, pour le bénéfice de toute la région moyenne-orientale qui souffre tant."
Soutien populaire en Belgique
En Belgique, un rassemblement est prévu le samedi 23 novembre, sur la place Poelaert, de 15h30 à 18h, avec pour mot d'ordre, "Ensemble, construisons notre nouveau Liban". Pour le groupe "NewLebanon", à l'origine de ce rassemblement, "l'heure est à l'unité et à la mobilisation", pour soutenir les Libanais qui manifestent actuellement dans leur pays pour "la réelle indépendance du Liban". "Nous avons enfin la chance unique de donner un nouveau souffle à notre pays." peut-on lire encore sur leur invitation, diffusée via les réseaux sociaux. L'initiative du Groupe de Réflexion pour un Nouveau Liban est présentée comme neutre et pacifique, les futurs manifestants sont invités à se réunir place Poelart munis de drapeaux libanais. Le comité de soutien aux Chrétiens d'Orient (CSCO) fait de son côté la promotion de l'événement et invite à diffuser l'information. Sur son profil FB, le père Charbel Eid, ancien supérieur du monastère de Bois Seigneur Isaac, qui a récemment rejoint son pays natal, affiche un drapeau libanais et invite ses amis "premièrement de prier pour les libanais et de participer à ce rassemblement pour soutenir notre cher pays".
S.D.


