30 ans pour la Déclaration des Droits de l’Enfant


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30 ans pour la Déclaration des Droits de l’Enfant
Par Sophie Delhalle
Publié le - Modifié le
5 min

Parce que les enfants sont plus vulnérables que les adultes, n’ont ni droit de vote ni influence politique ou économique, parce qu'ils sont l’avenir de toute société, le monde s’est doté en 1989 de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). Toute l’action d’UNICEF repose sur ce traité fondamental. En 30 ans, quelles sont les avancées enregistrées?

Adoptée à l’unanimité par l’Assemblée générale des Nations unies en 1989, la Convention relative aux droits de l’enfant est le premier texte international de l'Histoire à reconnaître explicitement les moins de 18 ans comme des êtres à part entière, porteurs de droits sociaux, économiques, civils, culturels et politiques – des droits fondamentaux, obligatoires et non négociables. Un consensus inédit puisque, avec 195 États signataires, c’est le traité relatif aux droits humains le plus largement ratifié de l’histoire. Aujourd'hui, seuls les États-Unis et la Somalie manquent à l’appel.

Au-delà de la portée symbolique, cette convention est juridiquement contraignante. Cela signifie que les États signataires s’engagent à défendre et à garantir les droits de tous les enfants sans distinction et à répondre de ces engagements devant les Nations unies. Le Comité des droits de l’enfant des Nations unies, composé d’experts indépendants, contrôle la mise en œuvre de la convention, en examinant les rapports que les États s’engagent à publier régulièrement dès lors qu’ils ont ratifié le traité.

Quels droits?

La Convention comporte 54 articles, énonçant que chaque enfant a :

  • le droit d’avoir un nom, une nationalité, une identité
  • le droit d’être soigné, protégé des maladies, d’avoir une alimentation suffisante et équilibrée
  • le droit d’aller à l’école
  • le droit d’être protégé de la violence, de la maltraitance et de toute forme d’abus et d’exploitation
  • le droit d’être protégé contre toutes les formes de discrimination
  • le droit de ne pas faire la guerre, ni la subir
  • le droit d’avoir un refuge, d’être secouru, et d’avoir des conditions de vie décentes
  • le droit de jouer et d’avoir des loisirs
  • le droit à la liberté d’information, d’expression et de participation
  • le droit d’avoir une famille, d’être entouré et aimé

La convention met aussi en avant quatre principes fondamentaux concernant les enfants :

  • la non-discrimination
  • l’intérêt supérieur de l’enfant
  • le droit de vivre, survivre et se développer
  • le respect des opinions de l’enfant

Depuis 1989, trois protocoles facultatifs ont été ajoutés au texte principal. Le premier vise à protéger les enfants contre le recrutement dans les conflits armés, le deuxième concerne la vente d’enfants (à des fins de travail forcé, adoption illégale, don d’organes…), la prostitution ainsi que la pornographie mettant en scène des enfants. Le troisième définit la procédure internationale qui permet à tout enfant de déposer une plainte pour violation de ses droits, directement auprès du Comité des droits de l’enfant des Nations unies, lorsque tous les recours ont été épuisés au niveau national.

Quelles avancées?

Seule la moitié des enfants des foyers les plus pauvres en Afrique subsaharienne sont vaccinés contre la rougeole

Selon un nouveau rapport publié le 18 novembre par l’UNICEF sous le titre La Convention relative aux droits de l’enfant à la croisée des chemins, l’adoption de la CIDE a permis la réalisation de progrès historiques en faveur des enfants du monde. Mais beaucoup d’entre eux parmi les plus démunis n’en récoltent toujours pas les fruits. En publiant les résultats obtenus au cours des trois dernières décennies, l'UNICEF veut montrer qu’une réelle volonté et détermination politiques ont le pouvoir d’améliorer la vie des enfants.

Les enfants sont "de plus en plus nombreux à vivre plus longtemps, à vivre mieux et à vivre en meilleure santé. Cependant, les enfants les plus pauvres et les plus vulnérables continuent d’être désavantagés », a notamment affirmé Henrietta Fore, Directrice générale de l’UNICEF. Mais, en même temps, il doivent faire face à "de nouvelles menaces, telles que les changements climatiques, les abus en ligne et la cyberintimidation". Malgré des progrès indéniables, la CIDE est encore loin d'être une réalité pour chaque enfant dans le monde.


On peut toutefois souligner que le taux mondial de mortalité des enfants de moins de 5 ans a baissé de près de 60 % ; la proportion d’enfants en âge d’aller à l’école primaire qui ne sont pas scolarisés est passée de 18 % à 8 % ; les principes directeurs de la Convention relative aux droits de l’enfant, à savoir la non-discrimination, l’intérêt supérieur de l’enfant, le droit à la vie, à la survie et au développement, et le droit à la protection, ont influencé un grand nombre de constitutions, de législations, de politiques et de pratiques à travers le monde. Toutefois, ces progrès ne sont pas équitablement répartis sur la planète; pour exemple, seule la moitié des enfants des foyers les plus pauvres en Afrique subsaharienne sont vaccinés contre la rougeole, contre 85 % des enfants des foyers les plus riches.

Quel avenir?

Ce rapport de l'UNICEF tient également à alarmer les Etats sur les menaces, ancestrales ou émergentes, qui pèsent encore sur les enfants:

  • La pauvreté, la discrimination et la marginalisation continuent de menacer des millions d’enfants parmi les plus défavorisés
  • Sur le plan physique, physiologique et épidémiologique, les enfants sont les plus vulnérables aux effets de la crise climatique
  • Le ralentissement de la progression des taux de couverture vaccinale au cours de la dernière décennie menace les résultats durement obtenus en matière de santé infantile
  • Le nombre d’enfants déscolarisés stagne et les résultats d’apprentissage des enfants scolarisés restent faibles

Les enfants sont les plus vulnérables aux effets de la crise climatique

Pour accélérer les progrès en faveur de la réalisation des droits de l’enfant, l'UNICEF invite les Etats à déployer à plus grande échelle des solutions et des interventions éprouvées, mais aussi appelle à impliquer davantage les jeunes dans la cocréation de solutions, pour faire de nouveau des droits de l’enfant une cause mondiale.

« La convention se trouve à la croisée des chemins entre son passé glorieux et son avenir potentiel. Il ne tient qu’à nous de renouveler notre engagement à son égard, de prendre des mesures décisives et de nous tenir responsables », affirme Henrietta Fore. « Nous devrions emboîter le pas aux jeunes qui font entendre leur voix et revendiquent leurs droits de manière totalement inédite. Nous devons agir immédiatement, avec audace et créativité. »

S.D. avec Unicef.fr

Illustrations: pixabay CCO

Lire le rapport ici : https://uni.cf/CRC-media

Pour en savoir plus sur la Convention relative aux droits de l’enfant, rendez-vous sur cette page :
https://www.unicef.fr/

 

Catégorie : International

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