Ebola: les Nations-Unies tirent la sonnette d’alarme


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Ebola: les Nations-Unies tirent la sonnette d’alarme
(c) Alexis Huguet/MSF
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le - Modifié le
3 min

1531 morts au Nord-Kivu, 137 morts en Ituri et 2 morts en Ouganda. L'épidémie d'Ebola est désormais classée comme une situation d’urgence de niveau 3 par l’OMS.

(c) Alexis Huguet/MSF

Le 17 juillet dernier, la déclaration de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est arrivée comme un coup de tonnerre: La flambée d'Ebola qui touche actuellement la République démocratique du Congo constitue une urgence de santé publique de portée internationale. Cette déclaration visant à ce " que le monde entier prenne note de la situation et redouble d’efforts" (selon les mots du directeur général de l'OMS) intervient alors qu'un décès dû à cette maladie est survenu à Goma. La ville de RD Congo compte près de deux millions d'habitants et se trouve à proximité de la frontière rwandaise.

Les ONG actives sur le terrain, s'inquiètent du risque d'extension de la maladie à de nouvelles régions. Des patients détectés en Ouganda, ou qui reviennent en RDC, peuvent transmettre le virus. Toutefois, Gijs Van Gassen, adjoint communication à MSF Belgique, spécialiste de cette maladie, alerte sur le risque potentiel que crée cette déclaration d'urgence internationale: "Cela pourrait créer la panique, et les pays seraient poussés à fermer les frontières… ce qu'on veut éviter."

En zone de conflit

Le contexte dans lequel la recrudescence d'Ebola intervient, complique davantage encore la résolution de cette flambée. Depuis août 2018, il y a moins d'un an, 2.500 cas ont été recensés, essentiellement dans le Nord-Kivu. Cela fait dire au Docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, le Directeur général de l’OMS: "Nous combattons l’un des virus les plus dangereux au monde dans l’une des zones les plus dangereuses au monde". L'expert de MSF Belgique confirme que "cette zone est en conflit armés depuis près de 25 ans. La population garde une forme de suspicion vis-à-vis de toute forme d'autorité ainsi que vis-à-vis des étrangers."

(c) Alexis Huguet/MSF

Pour canaliser la propagation du virus, il est important de pouvoir identifier les personnes en contact avec les malades d'Ebola. Le patient décédé la semaine dernière à Goma était arrivé par bus avec 18 autres passagers et le chauffeur, en provenance de l'Est de la RDC. Le ministère de la Santé se veut rassurant sur un faible risque de propagation dans le reste de la ville de Goma "en raison de la rapidité avec laquelle le patient a été identifié, ainsi que l'identification de tous les passagers du bus". Le défunt était pasteur d'une Eglise dite de réveil. Il n'hésitait pas à imposer les mains aux fidèles, malgré les mesures de précaution recommandés depuis plusieurs mois. Dans d'autres églises, la BBC a constaté la mise en place de différentes dispositions: détecteurs de températures aux entrées de l'église, signes de la tête plutôt que se serrer les mains, etc.

"Des mères, des pères, des enfants et trop souvent des familles entières sont touchés. Des tragédies individuelles et des communautés sont au cœur de ce problème", a déclaré le Dr Tedros, directeur général de l'OMS. C'est seulement la quatrième fois qu'une urgence sanitaire mondiale est déclarée. C'était le cas notamment en 2014 quand l'épidémie d'Ebola avait sévi en Afrique de l'Ouest en faisant plus de 10.000 morts.

A.-F. de Beaudrap (avec le Monde et BBC)

Catégorie : International

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