En ce début du mois de mai, les téléspectateurs belges et français vont découvrir un lieu blotti au bord du Canal du Centre, dans une région aux allures de carte postale. Bienvenue dans l'église Saint-Jean-Baptiste d’Houdeng-Aimeries.
C’est en effet au cœur du Hainaut, une province qui regorge de sites pittoresques que les caméras de la RTBF vont se poser le temps d’un week-end. Voici l’occasion de traverser l’histoire, de remonter le temps, vers un passé industriel qui a profondément marqué le paysage et l’âme de toute la région.
Lorsqu’au XIXe siècle, les industries étaient en pleine expansion et que les charbonnages fleurissaient, il était devenu de plus en plus crucial de transporter les marchandises et le charbon vers les grandes villes. Le Canal du Centre était alors creusé. Mais, à l’époque, le défi était de taille car il fallait compenser une dénivellation totale de soixante-six mètres sur le parcours et les déclivités étaient trop importantes pour pouvoir installer avec efficacité uniquement des écluses. Quatre ascenseurs hydrauliques vont alors être conçus par des ingénieurs et rapidement voir le jour. Aujourd’hui, reconnus comme des ouvrages d’art exceptionnel au niveau mondial, ils sont classés au Patrimoine de l’Humanité par l’Unesco. Ce sont les seuls au monde qui subsistent encore dans leur état originel de fonctionnement.
Une vie profondément changée
En prenant place sur l’un de ces bateaux qui font découvrir le Canal, au milieu de touristes venus du monde entier, on se laisse surprendre par la beauté des paysages et la douceur de vivre de cette voie d’eau. Mais, il faut rappeler que le tracé du Canal ne s’est pas fait sans heurt. Il a carrément traversé et coupé certains villages en deux. Et si les ponts qui se sont construits ne manquent pas de charme, la vie des villageois en a été, malgré tout, profondément changée.
En 2002, l’ascenseur funiculaire de Strépy-Thieu a déplacé le trafic de ces marchandises sur un nouveau canal adapté aux péniches de grand gabarit. D’emblée, on est impressionné par sa taille! C’est que l’imposant molosse s’élève à cent-deux mètres du sol. Il domine dorénavant la vallée.
A quelques kilomètres de là, à Houdeng-Aimeries, le vendredi est un jour de marché. Sur le parvis de l’église Saint-Jean-Baptiste, les échoppes se sont installées et il y règne comme un parfum du Sud. Le français et l’italien se mélangent chaleureusement, témoins d’une immigration encore toute proche. Ces mineurs étaient logés parfois tout près de là, au pied des puits du charbonnage "Bois du Luc" où un village minier unique en Europe est encore "dans son jus" dans un alignement saisissant de maisonnettes jaunes. Construit par le patronat de l’époque, il encadrait les ouvriers et leurs familles dans un subtil jeu d’équilibre entre rentabilité et contrôle social.
Au bord du Canal, la petite église, toujours ouverte, bénéficie de cette affluence du vendredi. Les cabas, paniers et sacs sont laissés sous le porche. Les bougies s’allument une à une devant les autels dans une ambiance bienveillante et fervente. Il faut dire que le saint patron du lieu y accueille chacun, au bord du Canal, comme il le faisait, il y a bien longtemps, au bord du Jourdain. Une communauté paroissiale à retrouver ce 5 mai sur le petit écran!
C.O.
Dimanche 5 mai à 11h sur la RTBF et France 2. La messe sera célébrée en direct de l’église Saint-Jean-Baptiste à Houdeng-Aimeries. Elle sera présidée par l’abbé Augustin Olenga. C’est le frère Dominique Collin, Dominicain qui en assurera la prédication.

