Abus sexuels: un archevêque nommé, un autre démissionné


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Abus sexuels: un archevêque nommé, un autre démissionné
Par Cath.ch
Publié le - Modifié le
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Le pape François a nommé le 4 avril 2019, Mgr Wilton Gregory,à la tête de l'archidiocèse de Washington, aux Etats-Unis. Jusqu'ici archevêque d'Atlanta, ce prélat a notamment été particulièrement impliqué dans l'adoption du document de référence de l'épiscopat américain contre les abus sexuels.

La seconde moitié de l'année 2018 a été mouvementée pour l'archidiocèse de la capitale américaine. La révélation des abus sexuels commis par l'emblématique Theodore McCarrick, archevêque de la ville entre 2000 et 2006 a créé un choc. Le cardinal a d'abord été conduit à démissionner du Collège cardinalice avant d'être renvoyé de l'état clérical en février. Son successeur, le cardinal Donald Wuerl, à quant à lui démissionné en octobre dernier, accusé d'avoir couvert des abus dans son précédent diocèse. Le pape avait accepté cette démission tout en le nommant administrateur apostolique.

Presque six mois après cette dernière démission, le successeur de Pierre a choisi de nommer Mgr Wilton Gregory à la conduite de l'archidiocèse de Washington. Agé de 71 ans, ce prélat afro-américain a été ordonné en 1973. Après des études à Rome, il a été reçu comme docteur en liturgie sacrée en 1980. Trois ans plus tard, il est désigné évêque auxiliaire de Chicago. En 1994, il est nommé évêque de Belleville par Jean Paul II, avant d'être transféré dix ans plus tard à la tête de l'archidiocèse d'Atlanta, une circonscription d'environ 1,2 million de fidèles.

Vice-président de la Conférence des évêques américains (USCCB) entre 1998 et 2001, il en est le président entre 2001 et 2004. Pendant son mandat, le scandale des abus sexuels et de leur couverture dans l'archidiocèse de Boston explose. Mgr Gregory s'implique alors dans l'adoption de la 'Charte de Dallas' pour empêcher la reproduction de tels faits. Voté en juin 2002, ce document prévoit notamment la coopération avec les autorités civiles ou de répondre aux accusations “promptement et efficacement”.

Premier archevêque afro-américain de Washington

“A partir, de ce jour, avait alors déclaré Mgr Gregory dans des propos récemment rapportés par le New York Times, aucune personne qui a abusé sexuellement ne travaillera pour l'Eglise catholique aux Etats-Unis. Nous, évêques, demandons pardon à toute personne blessée par un de nos prêtres et pour notre réponse tragiquement lente à reconnaître l'horreur des abus sexuels”.

Par ailleurs, affirme le New York Times, le nouvel archevêque de Washington est “connu pour sa proximité avec la vision du pape François”. Par exemple, il est impliqué dans le domaine environnemental et dans la protection des migrants. Enfin, Mgr Gregory est le premier archevêque afro-américain de la capitale américaine. Sa nomination, relève le quotidien, est justement annoncée le jour anniversaire de l'assassinat du pasteur Martin Luther King.

Monseigneur Apuron: condamnation confirmée

Au même moment, le Père Anthony Sablan Apuron, ex-archevêque de Guam dans le Pacifique, a vu confirmé en appel, le 4 avril 2019, la sentence prononcée contre lui en première instance. Reconnu coupable d'abus sexuels sur mineurs, privé de tous ses insignes d'archevêque, il est révoqué de sa charge et interdit de séjour à Guam. Il reste cependant évêque.

Le 16 mars 2018, le tribunal apostolique de la Congrégation pour la doctrine de la foi avait déjà abouti à la culpabilité de Mgr Apuron. Toutefois, celui-ci avait interjeté appel. La sentence de seconde instance a été rendue le 7 février 2019 et rendue publique le 4 avril. Celle-ci est définitive. Aucun appel n'est possible.

Ce second jugement vient confirmer le verdict de premier instance reconnaissant le prélat coupable de “délits contre le 6e commandement avec des mineurs”. Le tribunal a décidé plusieurs pénalités: la privation de son office, l'interdiction perpétuelle d'habiter – même temporairement – à Guam, et également l'interdiction perpétuelle d'utiliser les insignes liés au rang d’archevêque.

Le Père Apuron reste cependant sacramentellement évêque, a expliqué Alessandro Gisotti, directeur ad interim du Bureau de presse du Saint-Siège. Mais il ne peut plus porter les titres attachés à son rang – ‘monseigneur’ ou ‘excellence’ – ni l’anneau épiscopal ni la croix pectorale. De même, il ne peut prétendre au titre d’archevêque émérite de Guam. Ces décisions ont été prises selon le principe de proportionnalité et le pape François en a été informé.

Mgr Michael Byrnes, coadjuteur de l’archidiocèse de Guam depuis octobre 2016, en devient donc l’archevêque de plein droit.

Cath-Info


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