Traversée avec Dieu…


Partager
Traversée avec Dieu…
Par Christophe Herinckx
Journaliste de CathoBel
Publié le
3 min

Dieu m’aime d’un amour infini et inconditionnel; c’est pour moi une vraie certitude. Ma foi "héritée par tradition familiale et culturelle" s’est transformée petit à petit en une vraie rencontre personnelle avec Lui. Ceux qui me connaissent savent que l’image du voilier est particulièrement parlante pour moi quand il s’agit de décrire qui est Dieu.

Je Lui dis merci pour mon navire et pour tout ce qui fait ma vie: pour mes voiles tendues qui m’entraînent vers la mer, pour mes amarres aussi qui me retiennent parfois à l’escale… Mais Il est mon phare malgré ou avec les tempêtes de mon quotidien. Comme ce chant, "Prends ma vie pour qu’elle Te ressemble, pour m’emmener un peu plus loin…", choisi lors de mon admission dans la Compagnie des Filles de la Charité (de Saint Vincent de Paul), le 4 janvier 2009. Actuellement je suis en communauté à Banneux, avec trois autres sœurs.

Dieu est Celui qui souffle dans mes voiles pour Le retrouver dans la prière mais aussi dans tous ceux que je rencontre et que j’ai parfois plus de mal à aimer. Cet amour reçu de Lui, cet amour pour Lui, Il m’envoie le partager avec les plus Pauvres. "Quoi, être chrétien et voir son frère affligé sans pleurer avec lui, sans être malade avec lui ! ...C’est être sans charité, c’est être chrétien en peinture". (Saint Vincent de Paul, XII,271)

Il est mon phare malgré ou avec les tempêtes de mon quotidien

Je Lui demande souvent le vent de l’audace pour oser l’aventure de la vie, à l’écoute de chacun (l’écoute est aussi ce petit cordage qui sert à orienter la voile du bateau). Chaque jour, l’écoute de la Parole de Dieu me guide, que ce soit par temps calme ou par grande tempête. Chaque jour aussi, j’écoute beaucoup ceux qui naviguent avec moi, dans ma vie de tous les jours. Je travaille comme responsable de l’équipe d’aumônerie au CHU Sart-Tilman de Liège où, avec ma collègue, nous avons l’occasion d’accompagner les patients, les familles et tous ceux qui franchissent la porte de l’hôpital. Des vies se terminent, des vies commencent, des vies se racontent dans la souffrance… mais toutes ont besoin de "se dire" devant Quelqu’un, parfois dans la prière.

Je vis à Casa Béthanie, dans une maison au cœur de Liège, avec cinq autres femmes (dont certaines étaient à la rue) et une famille : le "vivre ensemble" dans la bienveillance et l’écoute réciproque sont au centre. Je crois que la lumière de Dieu est toujours à l’horizon, j’essaie de regarder la traversée de chaque jour avec émerveillement et je Lui demande de savoir lâcher-prise pour Lui confier la barre.

J’aimerais que ni la maladie, ni le vieillissement ne me retire le don de la joie. Chaque jour, je Lui renouvelle mon "oui" pour que ne pâlisse jamais mon désir de voyage vers les autres et que ne s’altère pas ma bienveillance intérieure… jusqu’en cette minute incroyable où je regagnerai définitivement le port avec Lui, pour rejoindre tous ceux qui m’ont précédé.

"C’est aimer Dieu de la bonne manière que d’aimer les autres" comme le dit Saint Vincent de Paul… Cet amour des plus Pauvres est aussi une bonne manière de se laisser aimer par Dieu, dans le concret de ma vie…

 

Sœur Bérengère NOEL

 

 

Catégorie : Sens et foi

Dans la même catégorie