Comment pourrait-il en être autrement au vu des scandales qui agitent notre Eglise? Il saigne d’abord pour les victimes, contraintes au silence durant de longues années, parfois culpabilisées, couvertes de honte, emplies de colère qui ne pouvait éclater…
Mon cœur saigne pour le Christ, venu nous annoncer la Bonne nouvelle de l’Amour du Père, que certains ont, consciemment ou non, mis de côté le temps de commettre des actes inspirés par Satan, comme le dit notre pape François.
Mon cœur saigne pour notre pape, berger d’un peuple aujourd’hui meurtri, désorienté, révolté…
Mon cœur saigne pour tous les prêtres, religieuses, religieux, moniales et moines, qui, avec ferveur, vivent profondément leur foi dans le respect de leurs vœux, au service de tous et des plus fragiles en particulier. Ils doivent affronter peut-être des quolibets, des plaisanteries graveleuses et pire encore de la suspicion.
Il saigne pour les coupables dont le déni d’avoir commis le pire est incompréhensible.
Enfin, mon cœur saigne pour les croyants qui doivent faire face eux aussi à des plaisanteries, allusions et autres remarques qui dénaturent la beauté de l’Evangile. Pour chaque croyant qui voit peut-être sa foi mise à l’épreuve par ces ignominies.
Dans le contexte actuel et en ce début de carême, nous sommes appelés à nous convertir. Le carême est avant tout une invitation à vivre en vérité. Vérité de nos actes et de nos choix. Nous ne sommes pas là pour jouer au chrétien, mais pour l’être vraiment.
C’est précisément pour cela que, si mon cœur saigne, il déborde aussi d’espérance. Chacun(e) d’entre nous a, plus que jamais, pour mission de poursuivre ce que les apôtres et les disciples de Jésus ont fait au cours des siècles: annoncer le Royaume, contre vents et marées, sans prosélytisme, sans complaisance, avec détermination!
Oui, certains ont commis des actes abominables. Oui, l’Eglise a parfois couvert ceux-ci ou les a minimisés. Oui, elle a reconnu ses fautes et ses manquements, mais cela n’effacera jamais la souffrance et la honte des victimes.
Surtout ne baissons pas les bras, ne désespérons pas. Victor Hugo a écrit: "Chaque homme dans sa nuit s’en va vers sa lumière." Par la Bonne Nouvelle que nous sommes invités à (re)découvrir durant le carême, soyons sûrs que les ténèbres céderont la place au jour… mais c’est à nous d’y travailler!
Jean-Jacques DURRÉ
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