Première journée du pape dans le Golfe persique


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Première journée du pape dans le Golfe persique
(c) Holy See Press Office
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le - Modifié le
4 min

Entre cérémonies en grande pompe et rencontres personnelles, le pape François commence son séjour aux Emirats arabes unis. Un court séjour placé sous le signe du dialogue.

Photo d'illustration

Le pape François est arrivé dimanche 3 février en soirée pour ouvrir la première visite d'un souverain pontife dans le golfe persique. Le voyage aller s'est déroulé sous les meilleures auspices, pour la suite du séjour. Dans l'avion papal, on apprenait qu'il pleuvait le matin même aux Emirats. La pluie, rare dans ce pays est considérée comme un signe positif: "Espérons que tout se passe comme ça!", a déclaré le pape François.

Le Saint Père a été accueilli en grandes pompes au palais présidentiel d’Abou Dhabi, au lendemain de son arrivée. Une entrée aux touches spectaculaires, qui a été suivie d’un échange en privé avec le prince héritier Mohammed ben Zayed Al Nahyane.

Le cortège automobile du pape est arrivé aux environs du gigantesque palais à midi, escorté sur une immense artère par la cavalerie présidentielle, tandis que la patrouille aérienne traçait des rubans de fumée aux couleurs jaune et blanche du Vatican, dans le ciel ensoleillé. Faste, tirs de canon, trompettes, hommage militaire, ont salué l’arrivée du pape, sur les rives miroitantes du golfe persique.

A la fin de la visite, le pape a signé Le Livre d’Honneur avec ce mot rédigé en anglais : "Avec gratitude pour votre hospitalité et votre accueil chaleureux, et avec l’assurance de mon souvenir dans la prière, j’invoque sur Votre Altesse et sur tout le peuple des Emirats arabes unis les bénédictions divines de paix et de solidarité fraternelle."

(c) Holy See Press Office

Lors du traditionnel échange de dons, le prince Mohammed ben Zayed Al Nahyane a offert au pape l’acte notarié, daté du 22 juin 1963, de la donation d’un terrain pour la construction de la première église aux EAU. Le pape a offert au prince une gravure de la rencontre entre saint François d’Assise et le sultan d’Égypte Al-Malik Al-Kami, en 1219. Le voyage du pape François, premier souverain pontife à fouler le sol de la Péninsule arabique, a en effet lieu pour le huitième centenaire de l’événement et la médaille offerte "souligne l’objectif interreligieux de la visite", précise une note du Saint-Siège.

Dans l'après-midi du 4 février, le pape a rencontré le Conseil musulman des Anciens, cette organisation vouée à encourager le dialogue islamo-chrétien. Selon l'agence de presse du Vatican, cette rencontre qui a duré une trentaine de minutes, s’est déroulée dans un climat particulièrement cordial et fraternel. Tous ont souligné l’importance de la culture de la rencontre pour renforcer l’engagement pour le dialogue et la paix. François a ensuite visité la Grande Mosquée, accompagné par le Grand Imam d’Al-Azhar, avant de rendre hommage à la tombe du fondateur des Émirats Arabes Unis.

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Les Emirats arabes unis, photo d'illustration

Aux Émirats Arabes Unis, les catholiques sont un peu comme le «petit troupeau» désigné dans l’Évangile. Peu nombreux – ils représentent 10% de la population, soit 900 000 personnes environ -, toujours en chemin – presque tous sont des migrants ou des expatriés, personnes de passage -, unis par une même foi en Jésus-Christ, guidé par un pasteur, explique le vicaire apostolique d’Arabie méridionale.

La structure de l’Église catholique émiratie est en effet particulière: elle ne constitue pas un diocèse mais un vicariat apostolique, sur lequel on compte huit paroisses, desservies par 68 prêtres et un diacre permanent. On dénombre aussi 43 religieuses.

Mgr Paul Hinder occupe la fonction de vicaire apostolique d’Arabie méridionale depuis mars 2005. Pour ce prélat suisse, frère mineur capucin, la visite du Pape François est un "encouragement", signe de la "reconnaissance d’une Église très peu connue dans le reste du monde". Il se réjouit de la rencontre du Saint-Père avec des fidèles enthousiastes, mais il salue également la dimension interreligieuse du séjour du Souverain Pontife.

D’après Mgr Hinder, le Pape François franchit les frontières géographiques, humaines et spirituelles "pour mieux comprendre, et pour se faire comprendre mieux". Une connaissance réciproque qui devrait se diffuser à l’ensemble de la population, aux Émirats comme en Europe d’après le vicaire apostolique, afin de construire la paix… dans le sillage de saint François d’Assise, qui rencontra en Égypte le Sultan Malik Al-Kamil, il y a 800 ans.

A.-F. de Beaudrap (avec Zenit et Radio Vatican)


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