Le renvoi du cardinal McCarrick de l’état clérical est signe très important


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Le renvoi du cardinal McCarrick de l’état clérical est signe très important
Par Manu Van Lier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

La décision de renvoyer de l'état clérical l'ex-cardinal Theodore McCarrick, en raison des abus sexuels commis durant de nombreuses années, représente un "signe très important", a affirmé Mgr Charles Scicluna, membre du comité organisateur de la réunion des évêques sur les abus sexuels organisée au Vatican du 21 au 24 février 2019.

Cette mesure montre que les évêques ne sont pas "au-dessus de la loi", a-t-il affirmé à l'agence Reuters le 16 février. Cette décision, a espéré Mgr Scicluna, doit susciter une introspection chez ceux qui auraient pu être au courant de ces abus mais n’auraient rien dit, dans la mesure où l’inconduite sexuelle de McCarrick avec des séminaristes adultes s'est avéré être un "secret de Polichinelle" aux Etats-Unis.

La décision définitive prise par la Congrégation de la doctrine de la foi le 16 février à l’égard de l'ancien haut prélat de 88 ans est également le "signal très important pour nous évêques, que nous ne sommes pas au-dessus de la loi (...) nous devrions être jugés selon les normes les plus élevées". "Nous joignons le geste à la parole", a-t-il encore déclaré le jour même de l’annonce de la sanction.

Questions sur la sélection des candidats à la prêtrise

Le but, a insisté l’archevêque de La Valette (Malte) et secrétaire-adjoint de la Congrégation pour la doctrine de la foi, est également d’envoyer un message très clair: "nous nous rassemblons pour parler, mais nous devons passer des discours à l'action (...) Je pense que c'est l'un des signaux forts envoyé par le pape François".

Selon le prélat, le cas McCarrick soulèvera pendant le sommet sur les abus sexuels un certain nombre de questions sur le processus de sélection des candidats à la prêtrise et à l'ordination épiscopale. "Le fait de cacher tout aspect de la vie ou du mode de vie d’une personne est une grave atteinte à l’intégrité de ce processus", a-t-il considéré.

Une "première" au Vatican

La réunion sur "La protection des mineurs dans l'Eglise", qui se tiendra au Vatican du 21 au 24 février 2019, est la première à impliquer tous les présidents des conférences épiscopales et les responsables des ordres religieux dans le monde entier, abordant la question sous un regard évangélique, écrit le journaliste italien Fabio Colagrande sur le site Vaticannews.

Il s'agit d'une réunion ecclésiale de pasteurs aux caractéristiques "synodales" sans précédent, qui montre à quel point la lutte contre le fléau des abus commis par des membres du clergé constitue une priorité pour le pape François dans le contexte historique actuel. Ecouter les victimes, sensibiliser, accroître les connaissances, développer de nouvelles normes et procédures, partager les bonnes pratiques font partie des objectifs de la rencontre.

La réunion ne représente certainement pas le premier pas du Saint-Siège, ni des Conférences épiscopales dans cette direction. Le renouvellement des règles canoniques concernant les cas d'abus sur mineurs par des membres du clergé a débuté il y a dix-huit ans au Vatican. Au cours des vingt dernières années, les papes ont multiplié les gestes, les discours et les documents consacrés à ce sujet douloureux. Il arrive que la publication de règles et de protocoles n’entraîne pas immédiatement le changement de mentalité nécessaire pour lutter contre les abus, note Fabio Colagrande. Mais, à la veille de la rencontre, souhaitée par le pape, on ne peut pas parler d'une "année zéro" dans l'engagement de l'Eglise en faveur de la protection des mineurs.

cath.ch/imedia/ah/vaticannews/be - Image: Le cardinal Theodore Edgar McCarrick, le 14 février 2013. Source: Vatican News

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Catégorie : Eglise Belgique

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