Selon le quotidien Le Soir, le nombre d'euthanasies déclarées en Belgique l'an dernier, s’élève à 2.357, soit 2 % des décès annuels. La majorité concernait des patients âgés de 60 à 89 ans. Les demandes d’euthanasie sur la base de troubles mentaux et du comportement restent marginales.
Le quotidien bruxellois a publié ce jour les chiffres des euthanasies déclarées à la Commission de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie, commission créée par la loi qui dépénalise partiellement cet acte dans notre pays. En 2018, le nombre d'euthanasies pratiquées a porté sur 2.357 cas, soit 2 % des décès annuels. C'est au nord du pays, que les demandes sont les plus élevées si l'on en juge par le fait que la majorité des déclarations ont été rédigées en néerlandais. Ces déclarations concernaient des patients âgés de 60 à 89 ans, avec une légère majorité de femmes. Notonq que, le plus souvent, l’euthanasie a eu lieu au domicile.
Les affections principales à l’origine des demandes d’euthanasie étaient soit des cancers, soit une combinaison de plusieurs affections (polypathologies) qui n’étaient pas susceptibles de s’améliorer et qui occasionnaient de plus en plus de handicaps sérieux allant jusqu’à une défaillance d’organes. Le décès des patients était généralement attendu à brève échéance. Les patients dont le décès n’est manifestement pas attendu à brève échéance souffraient majoritairement de polypathologies, alors que le décès de patients cancéreux est rarement considéré comme tel.
Aucune euthanasie de mineur en 2018
Selon Le Soir, les demandes d’euthanasie sur la base de troubles mentaux et du comportement restent marginales (2,4 % de l’ensemble des euthanasies). Comme tous les dossiers d’euthanasies, ceux-ci respectent les conditions légales (patient capable ; demande écrite ; situation médicale sans issue ; souffrance constante, inapaisable et insupportable causée par une affection grave et incurable ; demande réfléchie et répétée).
Enfin, aucune euthanasie de mineur non émancipé n’a été enregistrée en 2018.
Le nombre d’euthanasies ayant eu lieu au domicile (46,8 %) progresse toujours, tandis que celles pratiquées à l’hôpital diminuent encore (36,1 %). Le nombre d’euthanasies pratiquées dans les maisons de repos et maisons de repos et de soins continue d’augmenter (14,3 %). Ceci correspond au souhait du patient de terminer sa vie chez lui, souligne l'organisme de contrôle.
La Commission a estimé que toutes les déclarations reçues répondaient aux conditions essentielles de la loi et aucune n’a été transmise au procureur du Roi. Pourtant, c'est un secret de polichinelle : nombre d'euthanasie sont pratiquées dans les hôpitaux sans être déclarées, comme le prévoit la loi ! Du coup, affirmer que leur nombre en milieu hospitalier diminue est peut-être un peu rapide.
Rappelons que trois médecins flamands, dont une psychiatre, suspectés de ne pas avoir respecté les conditions légales dans lesquelles une euthanasie peut être pratiquée, ont été renvoyés en novembre dernier devant les Assises par la Chambre des mises en accusation de Gand. Ils sont poursuivis pour empoisonnement. Par ailleurs, le fils d’une femme euthanasiée pour dépression chronique avait déposé plainte en avril 2014 contre le président de la Commission de contrôle, le docteur Wim Distelmans, pour une affaire qui remonte au printemps 2012 et qui a déjà été portée devant l’Ordre des Médecins en février dernier. Selon le plaignant, la loi n’aurait pas été correctement appliquée lors de l’euthanasie de sa mère. Celle-ci souffrait d’une dépression chronique et avait demandé l’euthanasie à l’hôpital universitaire néerlandophone UZ Brussel. Mme Mortier a donc été euthanasiée, mais ses enfants, avec qui elle entretenait de mauvaises relations, n’en ont pas été informés. Une autre plainte visait aussi Wim Distelmans. En janvier 2018, le parquet de Bruxelles a toutefois classé sans suites ces deux plaintes, estimant qu'il n'existait aucune preuve démontrant une violation de la loi pénale.
Pour en revenir aux chiffres 2018, la Commission précise mise que dans la grande majorité des cas (85,4 %), le médecin estimait que le décès des patients était prévisible à brève échéance. Pour la majorité des patients, plusieurs types de souffrances tant physiques que psychiques (à ne pas confondre avec les affections psychiatriques) ont été constatés simultanément (78,7 %). Ces souffrances étaient toujours la conséquence d’une ou plusieurs affections graves et incurables.
Moins de 1 % des euthanasies concernaient des patients inconscients ayant fait une déclaration anticipée. Les affections à l’origine des euthanasies étaient surtout des tumeurs (cancers) (61,4 %), des polypathologies (18,6 %), des maladies du système nerveux (8,3 %), des maladies de l’appareil circulatoire (3,8 %), des maladies de l’appareil respiratoire (2,4 %) et des troubles mentaux et du comportement (2,4 %).
J.J.D. (avec Le Soir)


