RD Congo :  Election provisoire et contestée de Tshisekedi


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RD Congo :  Election provisoire et contestée de Tshisekedi
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

Au terme d’une longue attente, la Commission électorale (CENI) a proclamé ce 10 janvier Felix Tshisekedi, vainqueur de l’élection présidentielle et ce, contrairement aux résultats observés par la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO).

La nuit fut longue pour tous ceux qui attendaient les résultats officiels, présentés par le président de la CENI, proche du régime. Pendant que déjà, on faisait la fête au QG de Tshisekedi, la représentante du parti de Jean-Pierre Bemba (membre de la coalition autour de Fayulu), aurait, selon La Libre Afrique, résisté aux pressions et refusé de signer le procès verbal du dépouillement de la présidentielle, qu’elle jugeait faux.
Finalement, les résultats sont tombés : Félix Tshisekedi remporterait la présidentielle du 30 décembre 2018, selon la Céni, avec 38,57% des suffrages exprimés devant Martin Fayulu, 34,83%, et Emmanuel Ramazani Shadary, 23,84%.
Des résultats provisoires étant donné les recours possibles devant la Cour Constitutionnelle et les élections reportées en mars dans des régions troublées comme le territoire de Beni, soutenant majoritairement le candidat M. Fayulu.

"Pas la vérité des urnes"

Déjà, Martin Fayulu, dont le nom circulait sous le manteau comme gagnant suivant les observateurs indépendants, parle d’une « vilaine escroquerie » : « Ces résultats n'ont rien à voir avec la vérité des urnes. C'est un véritable putsch électoral, c'est incompréhensible. (...) On a volé la victoire du peuple congolais et le peuple congolais n'acceptera jamais que sa victoire lui soit volée. » Il demande aux évêques de la Cenco, à l'Eglise du Christ au Congo, aux organisations citoyennes et à tous ceux qui ont observé les élections « de dire la vérité et de publier les résultats ».
La Cenco, par la bouche de l’Abbé Donatien N’shole, a pris acte des résultats par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) en soulignant que les résultats publiés ne correspondent pas aux données collectées par notre mission d'observation électorale ».
L’épiscopat congolais, qui avait dit depuis le 4 janvier connaitre le nom du vainqueur grâce à ses 40.000 observateurs déployés dans le pays, s’est toutefois gardé de l’annoncer, du moins jusqu’ici. Le fera-t-il devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies ou l’Union Européenne ?
La France, quant à elle, s’est étonnée des résultats « non conformes aux attentes », s’appuyant, comme beaucoup, sur les vérifications de la Cenco.
La Belgique reste prudente, n’ayant pas eu officiellement connaissance des rapports des évêques, bien que ses diplomates soient au parfum.

Kabila toujours aux commandes ?

L’avenir de la géante RDC est miné de lourdes interrogations. Comment les juges de la Cour Constitutionnelle, acquis au régime de Kabila, traiteront-ils les recours probables ?
Le faux diplôme de Tshisekedi, tel que révélé par La Libre, le report des élections dans des régions très peuplées ou encore les innombrables irrégularités du scrutin pourraient donner matière à invalidation et verraient Joseph Kabila prolonger son mandat.
Quoi qu’il en soit, Joseph Kabila, qui a refusé de quitter le palais présidentiel, risque de garder la main sur l’armée, la garde républicaine à son service, la police, les services de renseignements, la justice, … et des entreprises-clé.
Les tractations en coulisses avant l’annonce et les flatteries de Tshisekedi à l’égard de Kabila « à qui l’on devra rendre hommage » n’augurent pas vraiment de la nouvelle ère post-Kabila, tant souhaitée par le peuple congolais, qui a suffisamment versé de sang.

Béatrice PETIT

Photo : L'opposant Felix Tshisekedi, candidat à la présidentielle, lors d'un meeting de campagne, le 21 décembre 2018 à Kinshasa, en RDC (Luis TATO/AFP)

Catégorie : International

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