Les évêques de Belgique s’inquiètent du sort d’Amaya Coppens


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Les évêques de Belgique s’inquiètent du sort d’Amaya Coppens
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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Depuis le 10 septembre 2018, Amaya Coppens est détenue à la prison "La Esperanza", proche de la capitale de Managua au Nicaragua. Les parents et les proches de cette jeune étudiante belgo-nicaraguayenne lancent un appel à la mobilisation pour tenter d’obtenir la libération de leur fille et des centaines d’opposants détenus par le régime. Une mobilisation qu'a rejointe l'Eglise de Belgique.

Depuis avril 2018, la société civile du Nicaragua, étudiants et clergé catholique en tête, réclament la démission du président Daniel Ortega, ancien guérillero de 72 ans qui gouverne le pays depuis 2007 (et avant cela entre 1979 et 1990). Un Dialogue pour la Paix, présidé par la Conférence épiscopale du Nicaragua, devait permettre de trouver une issue à la crise. Mais après l'attaque, en juillet, par les forces gouvernementales, d'une église de Managua où s’étaient réfugiés plus d’une centaine d’étudiants, le processus de conciliation fut mis en échec. Et le clergé est devenu la cible d’attaques par les partisans du président.
Aujourd'hui, le bilan du conflit est lourd. Plus de 300 personnes sont mortes et plusieurs milliers ont été blessées. Des milliers d'opposants ont également été arrêtés, dont Amaya Coppens. Celle-ci est depuis 4 mois dans une petite cellule avec dix autres détenues dans un quartier de haute sécurité réservé aux prisonniers politiques.

En attente d’un procès

De père belge et de mère nicaraguayenne, Amaya, qui a grandi au Nicaragua, étudiait la médecine (5e année) à l’Université autonome de Léon. Entrée dans la contestation étudiante, elle a été arrêtée par des milices paramilitaires le 10 septembre et exhibée dans les médias comme "ennemie de la nation". Elle est accusée de terrorisme et ne peut recevoir la visite de ses parents qu’une fois par mois. Ceux-ci sont très inquiets quant à la tenue d’un futur procès arbitraire et les mauvais traitements subis par leur fille en prison.
Le père d’Amaya ne se fait pas d’illusion, il sait que sa fille sera condamnée, mais son avocat est décidé à saisir la justice internationale.
Les deux frères d’Amaya, Diego et Santiago, sont actuellement en Belgique. Avec leur cousine, Justine Coppens, ils interpellent ceux qui voudront bien entendre leur message. Ils ont rencontré différents responsables de l’Eglise, dont Mgr Hudsyn, évêque auxiliaire du Brabant Wallon, pour exposer la situation de leur parente.

Intervention du cardinal De Kesel

Le 10 janvier 2019, le cardinal Jozef de Kesel a pour sa part adressé une lettre à la Commission Justice et Paix dans laquelle il affirme que "les évêques de Belgique sont particulièrement inquiets quant au sort de cette jeune étudiante de nationalité belge réputée pour son honnêteté, son engagement au service des autres et qui a d’ailleurs choisi son cursus de médecine en fonction de cet objectif." Il invite ainsi la filiale belge à prendre contact avec leur homologue au Nicaragua pour faire avancer le dossier d’Amaya. Le cardinal a aussi interpellé Didier Reynders, vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères et européennes. Enfin, il a également écrit au président de la Conférence épiscopale du Nicaragua pour réitérer le soutien de l’épiscopat belge suite aux troubles et à la violente répression vécue ces derniers mois, mais aussi donc pour attirer l’attention sur le cas d’Amaya.
La famille de cette jeune femme de 24 ans a également adressé une lettre au pape François pour lui faire savoir que la vie de cette dernière, mais aussi celle de centaines d’autres personnes, demeurent sous la menace d’un régime "qui fait couler le sang".
Au pays, la situation est dramatique, explique Diego : "Depuis neuf mois, le pays vit sous une répression sanglante." Les médias sont bâillonnés et les ONG comme Amnesty sont également muselées. Néanmoins, il garde espoir, car c’est aussi la volonté d’Amaya. "Si nous devons utiliser son image, elle veut que ce soit avant tout pour mettre en lumière la situation au Nicaragua et celle de tous les prisonniers, et ramener la justice et la démocratie." Un défi pour les générations futures car, malheureusement, les forces d’opposition ont été durement frappées, sont peu structurées et très vulnérables.

Sophie DELHALLE

Photo: Amaya Coppens, jeune étudiante belgo-nicaraguayenne, est détenue en prison depuis le 10 septembre 2018 (D.R.)


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